Premier semestre 2018 : préparation  

 

Nouvelle vie pour l'OVNI 395  n°43 !

 

Cette vie commence comme il se doit par un baptême.

Un baptême, c'est d'abord un nouveau nom : ce sera "Tahenkat" .

 

Et puis, pas de baptême sans retour à l'élément liquide.

 

La mise à l'eau a lieu à Arzal, à la date symbolique du 18 juillet 2018, qui représente le véritable départ de la course sur les flots de "La Gazelle".

Retour en arrière d'abord sur ce début d'année 2018 :

 

Après les premières visites, l'expertise, et les négociations sur le prix, la préparation du bateau à Arzal nous a occupés depuis son achat, en avril, jusqu'à la fin de juillet.

 

Parmi les points les plus importants :

  • le nettoyage extérieur, et la remise en état des tecks (acide oxalique et saturateur), l'aménagement de la soute (rayonnages)
  • la remise à niveau de l'électronique par un professionnel  (traceur + AIS émetteur-récepteur, Navtex, liaison du téléphone satellite Iridium avec le PC)
  • la révision du moteur et la peinture du cockpit (par des professionnels), l'antifouling
  • et après la mise à l'eau, l'installation des voiles, sans oublier le contrôle de la tête de mat (une antenne était dévissée). 

 

A tout cela, il faut ajouter une foule de détails prenant beaucoup de temps, et aussi des achats d'équipements indispensables:

  • nouveau mouillage principal (ancre et chaine neuves)
  • jeu complet d'amarres
  • échelle de mât
  • annexe et son moteur hors-bord
  • et même, vélos pliants

 

Nous avons pu compter pendant toutes ces semaines sur le soutien efficace du chantier (https://www.arzal-nautique.fr/) 

 

Nous avons bien sûr terminé par le plein de carburant, et l'avitaillement (expédition jusqu'à La Roche Bernard mobilisant vélos et camionnette de location...)

 

A la fin de ces préparatifs, Lise et Mathieu nous rejoignent à bord le 04 Août.

Golfe de Gascogne 

05 Août : 08h : entrée dans l'écluse d'Arzal.

 

08h 30 : sortie de l'écluse. Chenal de la Vilaine.

 

A la sortie de l'estuaire, nous pouvons établir les voiles, vent arrière en ciseaux. Cap au 240 sur Belle-Ile.

 

16h30: entrée au moteur dans Port Kérel. Mouillage.

 

06 Août : 07h30 : nous levons l'ancre avec une heure de retard sur nos prévisions, car il a fallu avant tout réparer la pompe manuelle des WC (démontage du corps de pompe, fixation du piston dévissé. Ce genre d'intervention n'est jamais très agréable...).

 

Départ au moteur, car malheureusement le vent est trop faible, et ceci pour plusieurs heures encore. L'analyse des fichiers Grib nous incite à suivre un cap plus à l'ouest que la route directe, afin de toucher des vents appréciables au plus tôt, vers 18h.

 

18h30: le vent prévu (NW force 3) arrive. Voiles établies (travers).

 

Des grains, des pêcheurs et des cargos à éviter

 

23h : le vent monte à force 5 , voilure réduite. Naviguons sur le tombant du plateau continental, mer plus forte.

De nombreux bateaux de pèche croisent autour de nous. Nous les surveillons sur l'écran du traceur, grâce à l'AIS, d'autant plus attentivement qu'ils ont souvent des manoeuvres imprévisibles.

07 Août : 02h : largue sous 3 ris et génois réduit.

 

08h : le vent baisse , et nous pouvons renvoyer un peu de toile. A midi, mer bien formée.

 

Alternance de grains et d’éclaircies tout l'après-midi.

En fin de journée, retour du soleil. Vent force 3 , nous portons toute la toile.

 

08 Août : 00h30 : le vent est encore tombé.

Moteur. Nous poursuivons au moteur toute la matinée, et en début d'après-midi.

Le temps est bouché, avec par moments des grains assez brefs. La côte de Galice se rapproche sur l'écran du traceur, mais elle n'est absolument pas visible, du fait des conditions météo.

 

16h30 : vent N force 3 à 4. Grand largue, cap au 180 .

Une pluie persistante, par moments soutenue, s'abat.

 

Deux milles environ avant la passe de Cédeira, de nombreux bateaux autour de nous, visibles heureusement sur notre écran. Je surveille celui qui me parait le plus dangereux dans l'immédiat, un pêcheur qui vient vers nous.

Tout à coup, nous sommes rappelés à l'ordre par un coup de corne sur babord : c'est un cargo, à peine visible dans la grisaille, avec lequel nous sommes en route de collision ! Manœuvre d'évitement, sans trainer, et nouveau réglage de voiles...

 

19h30 : Nous mouillons dans la ria de Cédeira. Notre traversée aura duré 60 heures, dont 33 heures à la voile.

 

 

Traversée du golfe de Gascogne

Vidéos  (passer en plein écran, retour par "échap")

Galice 

09 Août: Tahenkat quitte au point du jour la ria encore endormie de Cédeira, pour rallier le port de La Corogne.

Nous y prenons sans difficulté une place au bout du premier ponton visiteurs (Marina Nautico, proche du centre ville, 28 € la nuit).

 

Mariné ou au four

L'ambiance est sympathique, tous les bateaux ou presque étant des voiliers de grande croisière; certains effectuent un aller-retour depuis la Bretagne; la Manche, ou la Mer du Nord; d'autres sont en route pour les Canaries et les Antilles; d'autres enfin, comme nous, visent Gibraltar et la Méditerranée.

Discussions avec les uns et les autres... Suivant leur dates d'arrivée, certains ont rencontré des conditions beaucoup plus musclées que nous, d'autres au contraire, plus de calmes.

Parmi ces derniers, l'équipage d'un des bateaux voisins du notre, belge, a réussi à pécher un thon de 20 kg durant une accalmie. Cela représente beaucoup plus qu'il ne peuvent conserver, aussi, ils nous en offrent cinq magnifique tranches. Mariné ou cuit au four, il se révèle excellent.

Nous profitons de la vieille ville, aux rues étroites et ombragées, et faisons quelques courses indispensables (petit matériel, ravitaillement, ... et 27 kg d'eau en bouteilles dans un sac à dos...).

 

Nous procédons aussi à une petite réparation sur l'annexe (collage d'une pièce sur une partie ayant subi un peu de raguage du fait de la houle du Golfe.

 

10 Août : Lise nous quitte pour prendre l'avion du retour. Nous continuerons donc à trois, Mathieu prévoyant de nous accompagner jusqu'à Gibraltar et au Maroc, où il prendra un vol de retour. Son projet nous impose de poursuivre sans retard notre voyage, à assez grandes étapes.

 

11 Août : Tahenkat repart pour une navigation côtière vers l'ouest, longe la "Côte de la mort", balisée de nombreux ilots et rochers déchiquetés.

Nous parvenons dans l'après-midi au mouillage de la ria de Camarinas. Descente à terre avec l'annexe, pour visiter la petite ville, tranquille et sympathique.

 

 

Découverte des rias de Galice

Portugal 

12 Août : Nous nous préparons pour une étape de 24 heures.

Nous vérifions tous les points importants sur la carte papier, comme j'en ai l'habitude.

Il s'agira de doubler d'abord le cap Fisterra (Finisterre), puis de poursuivre en passant au large de Vigo, afin d'arriver au nord de Porto, à Povoa de Varzim.

 

Vent inconstant

 

Départ par temps bouché, et une petite brise qui se lève un peu dès que nous sortons de la ria.

Nous partons sur un bord de près, tribord amure, cap au large. Le bateau semble bien marcher, ce qui nous remplit de satisfaction.

A 14h 30 le vent tourne à l'ouest et faiblit un peu : nous nous retrouvons grand largue.

Une heure plus tard, il tombe tout à fait : moteur!

La suite de la navigation se déroule dans les mêmes conditions, y compris pendant la nuit, avec toutefois un ciel de plus en plus clair.

 

13 Août :  A 11h, nous pénétrons dans le port de Povoa.

La manœuvre jusqu'au ponton d'accueil est délicate, car nous nous trouvons à marée basse, et les hauteurs d'eau sont ici assez limitées.

Je surveille le sondeur et le balisage, et l'arrivée au ponton se fait sans encombre.

 

Après le repas, nous partons pour un tour dans la petite ville. Ambiance portugaise sympathique que nous retrouvons ici.

 

Au retour, discussion sur le ponton avec le propriétaire néerlandais d'un OVNI 345...

Où sont ces alizés ?

 

14 Août :  Mauvaise surprise au réveil : un brouillard épais, hélas fréquent dans ces parages, est tombé pendant la nuit.

 

D'une part, ces conditions rendent la navigation plus dangereuse.

 

D'autre part, ce brouillard annonce un temps très calme, et nous n'aurons probablement pas encore sur cette étape les fameux "alizés portugais" qui règnent généralement le long de ces côtes.

Ce sont les vents dominants de nord-est en été, qui permettent une descente vers le sud à la voile, au portant et dans des condtions confortables.

 

Nous quittons notre place à 08h30, avec une visibilité réduite à 50 mètres... Même manœuvre délicate que la veille, que j'ai heureusement bien repérée, mais je redoute en plus la rencontre intempestive avec un pécheur pressé de décharger: certains tournent l'extrémité de la jetée à pleine vitesse, et sans émettre sur leur AIS...

 

Mais finalement, tout se passe bien, et nous prenons le large, toujours sans visibilité, et au moteur...

 

14h : le soleil enfin, et la vue sur l'horizon. Mais l'anémomètre reste désespérément bloqué à quelques nœuds...

 

 

15 Août : 03h 30 : nous doublons les Iles Berlangas.

 

15h 30 : nous nous amarrons au ponton d'accueil de Cascaïs. Nous profitons de l'attente pour faire le plein de carburant, avant d'aller prendre notre place définitive.

 

Nous nous trouvons sous la citadelle, à 10 minutes à pied de la gare. De là, en 40 minutes nous serons au centre de Lisbonne, que nous visiterons ce soir et demain.

 

 

Escales portugaises : Povoa, Cascaïs, Lisbonne

17 Août: Nous quittons le port de Cascaïs à 11h .

Navigation au moteur entre les gros tanker amarrés en rade.

 

Ensuite, la mer belle nous permet de déguster tranquillement notre café, accompagné des "pasteis de nata" que nous n'avons pas manqué d'emporter.

 

Enfin du vent!

 

A 13h 30, le vent s'établit au NW, force 3. Grand largue tribord amure, sur un cap au 175 .

 

Nous avons enfin un aperçu de ces fameux "alizés portugais", appuyés maintenant par le thermique qui se lève.

Ils ne feront que se renforcer, jusqu'à atteindre force 5 à 17h.

 

Nous naviguons maintenant sous génois réduit, un ris dans la grand-voile. La mer se creuse un peu, mais reste confortable sous cette allure.

 

Repas léger, le soir descend doucement.

 

22h 15 : à la nuit tombée, le vent mollit nettement. Moteur.

Nuit de navigation paisible, rythmée par l'alternance des quarts. 

 

18 Août : 06h 30 : nous doublons le cap de Sao Vicente. 

 

Au large, le rail de cargos semble bien encombré sur le traceur. Nous faisons maintenant route au 80, en direction de Lagos.

 

Un peu plus tard, le soleil se lève dans notre étrave, tandis que Catherine finit son quart de repos, installée sur la couchette tribord du carré.

 

Lagos, l'Afrique au Portugal

 

A 11h, nous entrons dans le chenal d'accès du port de Lagos. Les murailles médiévales défilent à bâbord, surmontées de la ville blanche. A 11h 40, nous sommes amarrés.

 

Nous retrouvons ici, en Algarve, la chaleur qui nous avait manqué depuis le Golfe de Gascogne.

Oubliées les navigations sur des eaux dépassant à peine 10 degrés, et sous des ciels incertains ! Ici, c'est la touffeur du sud, et le soleil écrasant !

 

Nous apprécions l'ombre des ruelles étroites, alors que nous visitons dans l'après-midi la vieille ville, ses remparts et ses églises.

 

Le soir dès notre retour à bord, et le lendemain matin, nous étudions la situation météo pour prévoir notre entrée en Méditerranée.

Hélas, pour les trois jours à venir, un vent d'est violent est annoncé sur le détroit de Gibraltar. Cela empêche toute traversée dans l'immédiat, et oblige Mathieu à revoir ses projets.

 

Il renonce à son vol retour depuis Tanger, et l'avance au lendemain, depuis Faro, aéroport situé tout près de Lagos.

 

En attendant son départ, nous poursuivrons nos visites, et profiterons de la plage, et également de la cuisine locale.

A l'écart du centre touristique, un restaurant portugais nous permet de goûter à la bouillabaisse locale , le "cataplana de morue".

 

Lagos garde aussi des traces d'un passé moins riant.

Le bâtiment du "marché aux esclaves" existe toujours. C'est maintenant un musée qui retrace l'époque où les malheureux capturés en Afrique étaient réduits en esclavage, et exploités en Europe, avant le développement des colonies d'Amérique.

 

 

Ambiance de l'Algarve