Objectif Ikaria

Le 16 septembre : nous mettons à l'eau en fin de matinée, aprés 4 jours consacrés au réarmement et à la préparation de Tahenkat.

 

Nous prévoyons lors de cette navigation d'automne une série d'escales dans les îles de mer Egée, principalement celles que nous ne connaissons pas encore, et aussi quelques unes que nous reverrons avec plaisir. Dans un premier temps, je prévois de naviguer vers l'est, jusqu'à atteindre Ikaria. Cette grande île rocheuse, proche des côtes turques, se dresse comme un bastion au-dessus de la mer , et offre très peu d'abri pour le marin. Je vise un minuscule port de sa côte sud, accessible seulement si les conditons météo sont propices.

 

Mais pour l'heure, nous n'en sommes pas encore là, et justement la météo annonce pour les 3 prochains jours un meltem assez musclé sur le centre de la mer Egée. Nous préférons donc caboter pour le moment dans le Golfe Saronique, et différer notre départ vers l'est. Nous passons deux nuits tranquilles au mouillage à Korfos, et à Epidaure, puis une troisième dans les rafales, à Poros, en face du port (sur un corps-mort privé, avec l'autorisation du propriétaire).

 

Le 19 septembre : traversée du golfe jusqu'aux parages du Cap Sounion. Conditions sportives, vent de nord force 5 au début, baissant un peu ensuite. Nous mouillons en milieu d'après-midi à Ormos Anavissou, un peu à l'est du Cap Sounion, et moins exposé aux rafales que lui, ce qui devrait nous permettre une nuit plus confortable. Le lendemain, en relevant le mouillage dans l'eau calme du matin, nous verrons que notre chaine passait sur un tas de gros blocs, d'où les bruits sporadiques de raclement  pendant la nuit... sans conséquence heureusement pour la récupération de l'ancre...

 

Le Cap des Lettres

 

Du 20 au 22 Septembre: navigation dans le meltem les 2 premiers jours, puis dans des calmes le troisième. Escales à Kéa (Ormos Koundouros), puis à Syros, dans le mouillage très sauvage d'Ormos Grammata, près du cap du même nom . A terre, nous marchons jusqu'à la pointe qui nous abrite : là, sur le rocher, des générations de marins ont gravés leurs noms lors de leurs escales forcées en attendant que le meltem retombe... Ce lieu est maintenant un site archéologique.

Le lendemain, finalement, nous nous amarrons au port de Tinos, vers midi.

Tinos, une île si plaisante

 

Le port et la ville, avec ses multiples églises et campaniles, sont vraiment tranquilles et agréables, et nous décidons d'y faire escale quelques jours, jusqu'à l'arrivée de Loïc, qui doit venir nous rejoindre le 26. Tinos est surplombée par la basilique de marbre blanc, dédiée à Notre Dame, et est un grand centre de pélerinage orthodoxe. Des tapis sur les escaliers, les rampes d'accès, et même le long de l'avenue principale, permettent aux plus dévots de monter à genoux depuis le port jusqu'à l'église, pour aller baiser l'icône!

 

Lors d'un circuit en voiture d'une journée, l'intérieur de l'île nous offre ses paysages variés, ses criques et petits port, ses pigeonniers, et ses villages accrochés aux pentes.

 

Nous profitons aussi de cette escale pour faire un saut en ferry jusqu'à Mykonos, dramatiquement ultratouristique, mais point de départ obligé pour visiter le site antique de Délos (Délos est interdite à la navigation des navires de plaisance. Quant à Mykonos, sa "marina" est très peu accueillante, surtout pour les bateaux étrangers...).

 

Golfe Saronique, Kéa, et Syros

 

Tinos

 

Mykonos

 

 

Délos

Les 27 et 28 Septembre : nous avons accueilli Loïc à bord , et nous quittons Tinos à la mi-journée, pour une première petite étape, jusqu'à un mouillage de la côte sud de Mykonos (Kalo Livadi).

La navigation du lendemain est plus conséquente, 35 milles environ, pour atteindre le fameux petit port de Manganitis, sur la côte sud d'Ikaria. Le vent est presque nul, un très léger flux de nord, ce qui nous oblige à avancer au moteur, mais un temps calme est nécessaire pour s'amarrer à Manganitis, car le ressac rend le port intenable dès que le vent se lève un peu, quelle qu'en soit la direction.

 

Un port comme on les aime

 

En milieu d'apès-midi, nous découvrons ce petit bijou, niché au pied des hautes falaises de l'île. L'emplacement du petit ferry est marqué par les amarres laissées à quai, et il reste en dehors de ça 2 places pour des bateaux comme le notre. Nous en prenons une, en nous amarrant en long, sans difficulté.

Quelques barques de pêche, impression sereine et idyllique. Le soir, la taverne au fond du port nous accueille : retsina et mezzés, délicieux.

Manganitis

 Les montagnes qui nous surplombent m'ont attiré, et je suis parti sur un sentier que j'ai repéré, et qui offre des points de vue pittoresques et splendides. Catherine et Loïc ont voulu aller voir la plage "des Seychelles", qui ne leur a pas semblé à la hauteur de ce qu'annonce son nom...

 

 

Descente vers Santorin  

Les 29 et 30 Septembre : le pêcheur avec qui nous échangeons ce matin nous dit qu'il ne faudra surtout plus être là demain, car le vent va se lever.

En effet, j'avais vu les prévisions, et un petit coup de vent est annoncé. Aussi, nous décidons qu'après une étape ce soir à Dhonousa, nous nous mettrons à l'abri demain à Amorgos (carte), au port de Katapola, et ce probablement pour 4 jours.

Navigation au portant dans un vent de nord, force 4, pour atteindre le mouillage d'Ormos Roussa, à Dhonousa. Ce mouillage est situé à l'extrémité de l'île, loin du chef-lieu. Quelques maisons, des chèvres, la vie a l'air de s'écouler ici très paisiblement...

 

Un écossais plein d'humour

 

Nous levons l'ancre assez tôt le lendemain, et parvenons à Katapola vers midi. Amarrage sur ancre et cul à quai, dans les rafales de travers, déjà assez fortes... La manoeuvre est donc délicate, et il nous faut 2 tentatives pour réussir : à la première, la longueur de chaine est trop faible. Par contre, la deuxième manoeuvre nous donne toute satisfaction, puisque nous mouillons 57 m de chaine ! Nous serons en toute sécurité dans les rafales, d'autant plus que je vais tripler les amarres au vent, ce qui qui ne pose pas de problème, car le quai est peu encombré. Nos seuls voisins sont un couple écossais, assez sympathique. Leur passerelle est très acrobatique, ce qui se traduira pour le skipper par un plongeon non programmé dans le port. Lorsqu'il viendra le lendemain prendre l'apéritif chez nous, il me dira : "plus d'eau salée pour moi, une bière fera l'affaire"...

 

 

Amorgos 

Nous retrouvons avec plaisir cette île que nous avions déjà découverte l'an dernier. Nous décidons de parcourir à pied  la "Palia Strata", c'est -à-dire "l'Ancien Chemin", qui relie Aigiali, tout au nord de l'île, à Chora, et Katapola, au centre. L'itinéraire se déroule le plus souvent sur les crêtes, en passant par un village du bout du monde, Asphondilitis

les 04 et 05 Octobre : Navigation dans les Petites Cyclades, juste au nord d'Amorgos. Depuis Katapola, c'est d'abord une navigation au près jusqu'à Koufonissia, humide et peu agréable, dans une mer courte. Vent de nord 4 à 5, génois réduit et grand-voile à 1 ris.

Nous mouillons dans Ormos Pori, belle baie bien abritée de la mer, mais pas du tout du meltem. Ces conditions nous dissuadent de descendre à terre, il vaut mieux se contenter d'un bain, puis de lézarder au soleil et à l'abri...

 

Retour à l'Etoile Mystérieuse

 

Le lendemain, nous repartons au portant, dans des conditions plus confortables. Arrêt repas et baignade à Skhinousa, puis nous parvenons en milieu d'après-midi à Iraklia, la plus à l'ouest des Petites Cyclades, où nous pouvons mouiller tout au fond d'Ormos Alimia.

Dans cette baie étroite et sauvage, entourée de reliefs escarpés, les cartes signalent une épave d'avion, par 8 mètres de fond. Nous n'avons qu'une centaine de mètres à parcourir, palmes aux pieds, pour l'atteindre.

Il s'agit d'un hydravion allemand de la Seconde Guerre Mondiale, dont la structure, et le moteur en étoile sont encore bien reconnaissables. De retour au bateau, une petite recherche m'apprend que c'est aussi l'hydravion utilisé par Tintin, dans l'Etoile Mystérieuse !

 

Petites Cyclades

L' Arado 196 était un hydravion de reconnaissance armée,  embarqué sur les navires de guerre allemands. Hergé a "civilisé" l'appareil, dans son album dessiné durant les années 1941-1942, dans la Belgique occupée...

les 06 et 07 Octobre : d'abord étape vers Anafi (carte), par vent arrière, de force malheureusement variable, si bien que nous alternons moteur et navigation voiles en ciseaux. Vers 14h30, nous découvrons le port d'Anafi, tout nouveau, et pas  opérationnel (sanitaires inachevés). Le quai est vide et nous nous amarrons en long sans difficulté (et personne pour nous réclamer de paiement).

Par le sentier, nous montons à pied jusqu'à la Chora, perchée à 200 m d'altitude. Vues magnifiques, bien sûr, mais le village semble quasi désert, et nous avons même du mal à dénicher un bar ouvert...

Le lendemain, la navigation jusqu'à Santorin est beaucoup plus sportive, par vent de travers force 5. Nous maintenons notre vitesse entre 6 et 7 noeuds, sous le seul génois réduit. A midi, nous entrons au mouillage, sous le village d'Akrotiri, et nous jetons l'ancre. Endroit bien abrité, et sentiment de douceur et de sérénité, après la fraicheur de notre petite traversée.

 

Santorin, les catastrophes

 

Nous louerons à Akrotiri un véhicule pour visiter l'île. Comme Mykonos, elle est soumise à un tourisme de masse délirant, et elle contraste totalement en cela avec Anafi, que nous venons de quitter. Mais le site et les paysages autour de la caldeira, que nous connaissions déjà depuis la mer, méritent d'être vus aussi depuis les villages perchés sur les falaises volcaniques.

Visite aussi du site antique mis à jour par des fouilles à Akrotiri. Là, la vie s'est arrêtée le jour de l'éruption cataclysmique, 1600 ans avant J.C. environ. Maisons bien baties à 2 étages, mobilier et traces émouvantes de cette civilisation minoenne, disparue tragiquement ici.

 

Anafi

 

Santorin et Akrotiri (site antique)

Ce que les archéologues ont appris du site :

L'éruption minoenne de l'ancienne île a été précédée quelques mois auparavant par un tremblement de terre, entrainant des destructions, et l'évacuation par les habitants, qui n'ont emporté que leurs objets de valeur. Un peu plus tard, les habitants sont revenus sur l'île, et dans leur village, pour récupérer des matériaux de construction et du mobilier. Ils n'ont pas pu mener à bien cette opération, car l'éruption est survenue : d'abord expulsion d'une nuée ardente, puis expulsion de pierre ponce, qui a donné un dépôt de plus de 7 m d'épaisseur sur le village (écroulement des toits), puis projections de cendres et de blocs de lave, suivies de l'effondrement de la caldeira (qui a créé le plan d'eau intérieur actuel), accompagné probablement d'un tsunami.

 

Retour vers le Péloponnèse

du 08 au 10 Octobre : 3 jours de navigation, à la voile le plus souvent. Le premier jour, après traversée de la caldeira de Santorin, escale à Ormos Manganari, beau mouillage, tout au sud de l'île d'Ios . Le lendemain, petite navigation jusqu'à Sikinos, où nous mouillons devant le charmant petit port, en compagnie d'un ketch allemand.

Départ tôt le jour suivant, pour une étape assez longue jusqu'à Milos (carte), où nous allons nous mettre à l'abri pendant le prochain coup de meltem. Navigation au 'bon plein", sous grand-voile arisée et génois. Le vent tombe à l'arrivée dans l'archipel de Milos, et nous terminons au moteur. Amarrés au port d'Adhamas à 15h45.

 

Rencontre de La Grâce

Milos est une île volcanique comme Santorin, avec également un plan d'eau intérieur bien abrité. Grande variété de paysages, due à la géologie, petits ports autour de garages à bateaux creusés dans le tuf volcanique, richesses minéralogiques... Le lendemain de notre arrivée, nous voyons amarré au port un vaisseau issu du passé, coque en bois, haubans et voiles carrées, arborant un pavillon tchèque : c'est la réplique d'un brick du 18ème siécle, construite en 2010 à Suez (les égyptiens maitrisent encore parfaitement la construction en bois). Il affiche son nom sur son chateau arrière : La Grâce ...

 

 

 

 

Milos

 

du 13 au 17 Octobre : nous remontons vers le nord, d'île en île. Ce sont successivement :

Kimolos, atteinte après avoir effectué un tour de Milos

Siphnos, où nous retrouvons le merveilleux mouillage de Vathy

Antiparos (Ormos Dhespotiko), ancien repaire de pirates

Sériphos (Ormos Livadhi), surplombé de sa belle chora

Kythnos, et son mouillage devant le tombolo d'O. Fikhiada

 

le 18 Octobre : nous allons quitter les Cyclades, pour rejoindre Poros, accolée au Péloponnèse. Peu après 8h, sortie du mouillage de Kythnos, puis belle navigation sous un vent de travers, qui monte à force 4. A l'ouest de l'ilot rocheux d'Agios Georgios, surmonté de ses éoliennes, le vent baisse, et c'est au moteur que nous arrivons, vers 16h,  en vue de Poros.

 

Guindeau enchanté

 

L'amarrage dans le chenal de Poros, compliqué par le courant et le vent traversiers, se fait malgré tout sans problème. Une fois amarrés, il faut retendre la chaine, comme d'habitude, et au moment où nous pensons avoir fini, le guindeau se remet en route tout seul pour relarguer de la chaine!  Je réussis à le stopper en manipulant la commande, mais voilà qu'il redémarre tout seul à nouveau! Il faut couper son disjoncteur pour l'arrêter.

Le lendemain, je localise le court-circuit quelque part dans le cordon de la commande, mais ce n'est pas réparable. Il ne me reste plus qu'à fabriquer une nouvelle commande, avec du câble, et un boitier acheté chez le shipchandler.

 

du 20 au 22 Octobre : escales à Epidaure, Akgistri (O. Apolimano, très beau), et Egine.

Le 23 Octobre, arrivée au chantier, et mise au sec du bateau.

Il nous reste 3 jours pour désarmer, nettoyer, ranger. Vol de retour le 26 au soir, pour une arrivée en France le 27 très tôt.

 

Dernières étapes dans les Cyclades

Mention spéciale pour Kimolos, petite île volcanique de l'archipel de Milos. Nous y mouillons devant les hangars à bateaux d'un petit port de pêche. Le pêcheur qui nous voit débarquer sur son ponton pour monter jusqu'au village nous demande de lui rapporter des cigarettes. A notre retour, iIl sera parti en mer mais il suffira de déposer le paquet et la monnaie devant son hangar, comme convenu...

Tôt le lendemain, la mer est très calme, et une petite grotte marine à proximité du bateau invite Catherine à une visite palmes aux pieds. Elle rencontrera la-bas une belle tortue, estropièe malheureusement, très occupée à fouiller les fonds...

 

Retour dans le Golfe Saronique

 

Vidéos (passer en plein écran, retour par "echap")

Les dauphins d'Antiparos

Navigation vers Milos  

    Mouillage d'Akgistri