Eté 2020 

 

Triste début d'année 2020, quand aux crises précédentes se surajoutent la pandémie et le confinement.

Départ, prévu en mai, finalement repoussé, poursuite de notre voyage compromise, nous ne sommes enfin soulagés que le 09 juillet, après embarquement dans l'avion pour Athènes.

 

Après COVID, du renfort

 

Atterrissage à l'heure, formalités (dont pour moi un test COVID...), et nous partons pour 1h30 de bus à destination du Pirée.

Nous attendons là le ferry de 17h. Arrivée peu après 18h sur le port d'Egine, puis vers 19h au chantier.

 

Tahenkat est là. 

 

Il semble nous attendre sereinement, à l'emplacement où nous l'avons laissé en octobre.

Un coup d'œil rapide me permet de vérifier que le nouveau guindeau est bien en place (mais son branchement électrique reste à finaliser... Sacré Wim !), et nous nous installons pour la soirée, et pour la nuit.

 

Nous ? Qui ça, nous ?

Pour le début de cette nouvelle navigation, l'équipage atteint l'effectif record de 5 personnes! Nous avons en effet invité Loïc, l'imprévisible, ainsi que les très ardéchois Marie et Michel (ce dernier pouvant être aussi appelé "Turca", pour éviter les confusions.

Et nous , nous serons souvent désignés comme "le Capitaine", et "la Patronne"...)

Quant à la navigation, nous devons renoncer pour cette année à poursuivre notre voyage comme prévu, à cause des restrictions sanitaires, et de notre départ tardif.

 

Nous nous contenterons de rester dans les eaux grecques, pour effectuer une petite circumnavigation autour de la grande île d'Eubée, avec pour but Thessalonique, puis retour par les Cyclades.

 

Problème de circulation

 

Mais avant d'appareiller, il nous faut terminer, en cinq jours, la préparation du bateau, à savoir : 

 

  • vérification du gréement et installation des voiles; mise en place de l'accastillage; 
  • révision du moteur ; deux couches d'antifouling (blanc cette année) sur les œuvres vives; 
  • branchement électrique du nouveau guindeau (avec Wim);
  • pleins d'eau et de gasoil ; avitaillement ...

 

Le 15 juillet, la mise à l'eau s'effectue sans problème, mais, mauvaise surprise au redémarrage du moteur : la circulation d'eau de mer pour le refroidissement ne s'établit pas !

Après rappel en urgence de Spyros le mécanicien, il faut procéder au remplacement de la pièce d'entrée d'eau sur l'échangeur (elle était obstruée par des dépôts minéraux). 

 

15 Juillet : nous quittons donc le chantier sans trop de retard, et partons plein est vers le Cap Sounion, où nous mouillerons ce soir. Sur la fin de l'après-midi, un peu de brise nous permet d'établir les voiles, histoire de vérifier que tout va bien de ce côté là, ...et de roder l'équipage !

Nous jetons l'ancre à 19 h , juste à l'ouest du cap, sous le temple de Poséîdon.

Libations (ouzo et retsina! ) en l'honneur du dieu de la mer,  en espérant, comme les Grecs anciens, qu'il sera bienveillant pour la suite de notre croisière...

Tour d'Eubée 

16 Juillet : Nous entamons aujourd'hui la remontée du long bras de mer séparant l'île d'Eubée du continent.

Les conditions nous sont favorables (merci Poséïdon), puisque le meltem, soufflant toujours du nord, est remarquablement faible, et pas en mesure de nous barrer la route. Nous devons même faire le plus gros de l'étape au moteur...

Mouillage à 16h 30 devant le petit port de Néa Marmari. Descente à terre, visite, terrasse à l'ombre...

 

Comment libérer une ancre

 

17 Juillet : Mauvaise surprise au départ : notre ancre est engagée dans une très grosse chaine, résidu d'un vieux mouillage qui était installé là...

Heureusement, notre nouveau guindeau parvient à la soulever, ce qui permet à Catherine de glisser par dessous une amarre, et de nous dégager.

Nous entamons ensuite une très belle navigation au près (un ris dans la grand-voile), qui nous amène en 3 heures dans les parages de Voufalo.

Mouillage dans cette jolie petite baie à 15h.

 

Marées de Méditerranée

 

18 Juillet : Navigation au moteur, principalement, pour atteindre Khalkis (Marina d'Ormos Loukari) .

C'est l'endroit le plus étroit du bras de mer : 40 m seulement entre Eubée et continent au niveau du pont routier de Khalkis.

Les marées sont assez notables au nord de Khalkis (80 cm de marnage environ), et les différences d'horaires de pleine mer, entre le nord et le sud, entrainent des courants, parfois très violents, sous le pont routier.

Celui-çi, très bas, s'ouvre pour ne laisser passage à la navigation qu'une fois par 24h, à l'étale des courants, durant la nuit.

Je dois attendre le lundi 20 au matin pour rendre visite au Capitaine du Port, qui m'explique la procédure à suivre : mouillage d'attente à proximité du pont en fin d'après-midi; veille sur VHF pour capter la premier appel, qui prévient de l'ouverture imminente; enfin, passage au signal donné par le deuxième appel.

Il ne me communique pas les horaires de marée, et ils ne sont pas diffusés sur les sites internet habituels, car les marées ici n'intéressent pas grand monde !

Nous aurons donc la surprise ce soir... Je m'acquitte aussi du prix du passage : 28 € pour notre bateau.

 

20 Juillet : Nous mouillons peu avant 18 h près du pont, sous le fort du continent. Veille VHF. Premier appel à 21h30, très tôt donc, c'est une chance.

Nous passons le pont vers 22 h, et poursuivons de nuit, au moteur.

Le 21 Juillet, le petit jour nous trouve en train de rechercher le meilleur mouillage dans la baie d'Atalante : ce sera celui d'Ormos Amirou, abrité comme un lac, devant un charmant tout petit village.

22 Juillet : Belle étape sous voiles, au près, pour contourner la pointe nord d'Eubée. Mouillage à Ormos Vathikélos, devant une immense plantation d'oliviers.

 

23 Juillet :  Courte navigation, au près toujours, pour atteindre le petit port d'Oréi. Amarrage sur ancre, avec l'aide de Vassili, maitre de port, et patron de la supérette locale !

 

Amygdaloto halva

 

24 et 25 Juillet : Nous faisons une brève incursion dans le grand golfe de Volos, très fermé. Mouillage le premier soir au sud de Ak Kefalos, en face de Nisis Alatas. Le deuxième soir, devant le petit port d'Amalioupolis. Sur les pentes du village, nous assistons devant l'église aux préparatifs d'un baptème orthodoxe.

 

Nous redescendons ensuite vers le port, où nous achetons, à l'étal d'une marchande ambulante, une bonne portion de cette chose délicieuse appelée "amygdaloto halva", une pâte d'amandes et de miel.

Vidéos  (passer en plein écran, retour par "échap")

Vidéo-Pont de Chalkis 

Vidéo-Sous voiles 

Vidéo-Ormos Vathikelos 

 

 

Autour de l'île d'Eubée

 

Vie à bord

Les Sporades  

26 au 29 Juillet : Nous quittons le continent pour aborder l'archipel des Sporades du Nord, par l'île la plus proche : Skiathos.

Pendant ces 4 jours, nous sautons d'île en île : après Skiathos, ce seront successivement Skopelos, Alonissos, et enfin Kyra Panagia. Navigation agréable, le plus souvent à la voile et au près, le vent étant toujours dans le secteur nord-est.

 

A Skiathos, après une nuit devant la plage de Koukounaries, beau site malheureusement envahie par les rangées de parasol, nous mouillons dans une anse proche du chef-lieu, surplombée par le très beau cimetière. Débarquement sur la plage, et visite de la ville, de ses ruelles, et du port.

 

Nous filons ensuite sur Skopelos, toute proche, et mouillons dans l'avant port de Loutraki.

Le soir montée dans la chaleur déclinante (mais encore bien sensible!) jusqu'à la vieille ville de Glossa. Petites ruelles à l'architecture typique, et repas en terrasse au dessus du port (restaurant Agnanti, à la réputation méritée).

 

Problème électrique!

 

Le lendemain, escale à Alonissos, et là, l'ambiance est moins sereine au mouillage : je constate une panne électrique générale juste après que le moteur ait été arrêté !

Après recherche, nous constatons que le fusible général de 300 Ampères(!) a grillé ! J'en trouve un autre de rechange à bord, et nous pouvons donc dépanner ...

Mais nous n'avons pas trouvé l'origine du problème, et il demeure donc dans mon esprit un gros point d'interrogation...

 

Nous parvenons enfin le 29 Juillet à Kyra Panagia, île sauvage faisant partie d'un parc naturel.

Beau mouillage tranquille, en pleine nature, toutes les nuances de bleu autour de nous.

Un visiteur joueur

 

Le lendemain un spectacle inattendu nous tire tous très tôt des couchettes, les uns après les autres: un jeune phoque moine (espèce en voie de disparition, quelques centaines restant au Maroc, et en Grèce) tourne autour du bateau.

 

C'est un jeu de chercher à l'apercevoir lorsqu'il émerge, de suivre ses évolutions rapides...

Mais bientôt, Catherine en veut plus et décide de se mettre à l'eau. Loin de se montrer effarouché, notre jeune curieux se rapproche au contraire immédiatement, attiré par la nageuse et ses palmes!

S'en suivront des séquences mémorables, où tout l'équipage, ou presque, aura l'occasion de nager en compagnie de l'animal, joueur et parfois très entreprenant!

 

Kira Panagia, couverte d'un maquis épais, est sillonnée de sentiers, que nous découvrons après avoir tiré l'annexe sur la plage. Nous ne croisons que quelques chèvres, et 2 gardes à cheval, remorquant des mulets, qui transportent un lourd matériel. 

Nous quittons l'île vers 21h, pour une petite traversée de nuit vers le nord et le continent.

 

Nouvelle panne électrique!

Inquiétude pour moi quand je constate peu après le départ que les batteries de service ne sont plus rechargées : panne d'un des deux alternateurs, ou du régulateur associé...

Peu de sommeil pendant mon quart de repos, où je finis quand même par penser que je pourrais essayer de coupler les deux parcs de batteries (service et moteur), afin de faire charger l'ensemble par l'alternateur dédié au moteur.

Dès le début de mon quart de veille, je fais un essai : ça marche ! Soulagement, nous ne serons pas obligés d'interrompre prématurément la croisière!

 

La suite de la nuit est sans histoire, mais malheureusement sans vent, et nous entrons au petit matin dans le très beau port naturel de Porto Koufo, enserré derrière ses falaises rocheuses. Les bateaux à l'ancre sont encore endormis, nous mouillons devant le petit port de pêche, aux premières heures du 31 Juillet.

 

Notre ami le phoque moine

 

 

Images des Sporades du nord

Vidéos  (passer en plein écran, retour par "échap")

Vidéo-Au bon plein 

Vidéo-Kyra Panagia  

Vidéo-Phoque moine 

Vidéo-Au bon plein 

Vidéo-Kyra Panagia  

Vidéo-Phoque moine 

Chalcidique et Thessalonique 

01 Août: Nous entamons aujourd'hui notre visite de la Chalcidique, péninsule formée de 3 "doigts" pointés vers le sud.

Nous quittons tôt Porto Koufo, à la pointe du doigt central, pour une virée "touristique" vers le doigt oriental, dominé par les 2000 m du Mont Athos, et les monastères accrochés à ses pentes.

 

Idiots rythmiques?

 

Nous nous contenterons d'admirer ces derniers depuis la mer, en longeant la côte, puique le débarquement des femmes est interdit, car elles pourraient distraire les moines !

La rigueur morale affichée par ces confréries laisse rêveur, tout autant que leurs noms (cénobites, ou idiorythmiques, suivant le cas)... L'intégrisme est décidément répandu dans toutes les religions...

 

Nous nous abritons le soir dans la crique d'Ormos Ftélies, sur l'île Ammouliani. Les filles débarquent, et traversent l'île à pied pour aller faire des courses au village.

2 Août : Petite navigation entre les 2 doigts orientaux, au portant par petit vent.

 

Gennaker : plaisir et déchirure

J'en profite pour faire un essai du gennaker, qui n'est encore jamais sorti de la soute depuis notre achat du bateau.

L'installation de la voile est laborieuse, car il nous faut dégripper le mousqueton fixé sur la galette de l'emmagasineur, et également le bout-dehors.

Finalement, nous parvenons à nos fins, et pouvons admirer la bulle de la voile bien gonflée pendant 2 heures, ... jusqu'au moment où un empannage se termine par de belles déchirures sur la chute de la toile !...

Le soir, mouillage serein, dans Ormos Kriftos, sur l'île Dhiaporos.

 

3 Août : En quittant l'île Dhiaporos, nous rencontrons des conditions de vent capricieuses, qui nous obligent à alterner moteur et voile.

Panne électrique, toujours!

Un peu avant 11h, alors que je redémarre une nouvelle fois le moteur, deuxième panne électrique : le fusible de 300 A a encore grillé, et l'installation du bord se comporte anormalement si j'essaie de coupler les batteries.

Par sécurité, je décide d'abandonner l'idée de mouiller ce soir une dernière fois en Chalcidique, et de rallier immédiatement le port de Thessalonique, où je peux espérer un dépannage.

Cela représente donc une route de 100 milles environ, avec une nuit de navigation, et une arrivée prévue en tout début de journée.

 

Le lendemain, vers 08h30,nous sommes amarrés au quai d'accueil d'Aretsou Marina, à Thessalonique.

Dans la matinée, je prends rendez-vous pour le lendemain avec un technicien. (Il remplacera bien sûr le fusible général, et aussi un autre de 15 A sur l'alternateur défaillant, qui ne charge toujours pas. Par contre, le circuit moteur fonctionne, nous pourrons donc repartir, en surveillant de près l'installation. Je ne découvrirai l'explication de tous ces problèmes qu'à l'arrivée au chantier : une petite tête de vis cassée dans l'alternateur, qui provoquait des fuites de courant aléatoires, et cause de ces 2 court-circuits! ). 

 

Nous avons maintenant 5 jours pour nous reposer, et visiter la ville, capitale du nord de la Grèce, et riche d'un grand passé historique. Elle a été successivement romaine, byzantine, ottomane... Puis redevenue grecque à l'orée du vingtième siècle, elle a servi de tête de pont pour les armées alliées engagées sur le front oriental, lors de la Première Guerre mondiale, à l'époque où elle s'appelait Salonique.

 

Photos de Chalcidique

 

 

 

La vieille ville de Thessalonique