Au large de l'Italie du sud, Sicile, Calabre, Pouilles 

26 Juin : Nous quittons tôt le matin le mouillage de Stromboli, cap au 145 sur le détroit de Messine.

 

De Scylla à Charybde

 

Ce passage étroit entre Sicile et Calabre est parcouru par de forts courants, dus aux différences d'horaires de marée entre mers Tyrrhénienne et Ionienne.

Les dangers de la navigation dans ces parages, connus depuis l'antiquité, ont inspiré le mythe odysséen de Charybde et Scylla, qui a laissé des traces: le village de Scilla, sur la côte calabraise, et, en face, les tourbillons redoutables signalés par les "Instructions Nautiques".

 

Nous laissons Scilla loin sur notre bâbord; quant à Charybde, s'il ne nous gène pas dans le détroit, il prend sa revanche dans le port de Messine, traversé par un fort courant, ce qui rend notre manœuvre d'accostage particulièrement laborieuse.

Calmes sous l'Etna

 

Du 27 Juin au 08 Juillet, notre navigation se poursuit sur ces côtes; forte chaleur, et absence de vent presque totale : une dizaine d'heures de voile seulement en 8 jours de mer.

 

Immanquablement, nous pouvons quotidiennement contempler le grand cône aplati de l'Etna, souvent coiffé de nuages.

 

Après Messine, nous touchons successivement Taormina, Catane, Syracuse, Porto Xifonio, Crotone (après une traversée de 30 heures), Capo Colonne, Gallipoli, et Santa Maria di Leuca, à l’extrême pointe du talon de la botte.

 

Nous passons 2 jours à Syracuse, et aussi à Gallipoli.

Ces deux villes nous séduisent par leurs vieux quartiers et leur passé historique, et leurs sites d'origine se ressemblent : des presqu'iles transformées en citadelles, et faciles à défendre.

 

Gallipoli

 

 

Vues du sud de la botte

Grèce : îles Ioniennes, et ouest du Péloponnèse 

09 Juillet : Nous traversons aujourd'hui le "Canal d'Otrante", débouché de l'Adriatique dans la mer Ionienne, et route de nombreux cargos, tankers, et ferrys, ce qui impose une vigilance particulière.

Arrivée à 16h30 à Nisos Othoni, première petite ile grecque en venant de l'ouest. Mouillage tranquille et agréable.

 

Tempête au mouillage

 

10 Juillet : Nous poursuivons notre traversée vers l'île de Corfou, en partie sous voiles, au près. Le temps se couvre progressivement, et c'est sous un ciel bouché que nous jetons l'ancre au nord de l'ile, à Agios Stéphanos (Saint Stéphane).

Crique étroite occupée déjà par 2 catamarans, dont je ne peux pas trop m'écarter, car je préfère mouiller sur le minimum de fond, pour ne pas avoir à filer trop de chaine.

En effet, notre guindeau nous préoccupe depuis la Sicile, car il a tendance à disjoncter beaucoup trop souvent, ce qui est certainement le signe d'une anomalie.

 

Après un débarquement en annexe, une promenade sur la côte de l'ile (toujours sous des nuages gris), et les premiers contacts avec les commerces, les panneaux écrits en grec,... nous rentrons à bord pour le repas.

 

Nous nous étions couchés satisfaits de notre journée, et commencions à plonger dans le sommeil, lorsque vers 11h, un orage violent éclate sur les sommets : pluie et vent en bourrasques balaient le mouillage.

 

En urgence sur le pont, j'ai démarré le moteur, et j'essaie de rajouter un peu de chaine.

Le catamaran voisin a dérapé, et passe, en trainant son ancre, sur notre ligne de mouillage. Nous dérapons à notre tour, ainsi que 5 autres bateaux, et le vent nous entraine tous vers le large, sous des trombes d'eau.

Je suis à la barre, et Catherine, très légèrement habillée, à l'avant au guindeau.

Il faudra que ce dernier ne nous lâche pas, car nous avons 40 mètres de chaine suspendue à la verticale (ce qui, avec l'ancre, représente plus de 100 kg) !

Manœuvres laborieuses dans le noir, car il s'agit de remonter au vent en évitant les rochers et les autres bateaux. Par 3 fois, le  guindeau disjoncte, et il nous faut à chaque fois le réarmer....

 

Nous parvenons finalement à récupérer l'ancre, et vers 1h, l'orage s'arrête, le vent tombe complètement, plus de pluie!

Nous remouillons tranquillement, et pouvons aller nous coucher, cette fois pour de bon!

 

11 Juillet : Petite navigation tranquille jusqu'au mouillage idyllique de Pagania.

C'est une petite baie très  fermée, et très abritée, sur la côte continentale, en face de Corfou.

Nous sommes là à seulement 1 km de la frontière avec l'Albanie, dont nous pouvons contempler à l'est les collines pelées.

L'endroit n'est occupé que par une ferme marine, aucune autre présence humaine. Nous ne serons rejoints pour la nuit que par 2 autres voiliers.

 

Pas si simple d'entrer

 

12 Juillet : Courte traversée de 3 heures, pour rejoindre Gouvia Marina, où nous nous amarrons vers 13h30.

Nous nous trouvons ici à 7 km de la ville de Corfou, et c'est un "port d'entrée" en Grèce, c'est à dire un endroit où nous devons faire les formalités d'arrivée.

Ces formalités vont nous retenir ici 3 nuits, après des échanges multiples avec le chef des "Port Authorities" (dont le fluent english mâtiné d'accent grec est difficile à suivre).

Echanges aussi avec 4 autres personnes, dont 2 employés des postes.

Il m'aura d'abord fallu remplir en ligne un formulaire (dont la page d'accueil est rédigée en grec... heureusement, je finis par trouver le bouton permettant de passer à la page suivante en anglais), sur l'écran de mon ordinateur, illuminé par le soleil, car je suis obligé de travailler dehors pour avoir un minimum de connexion...

Enfin, lundi 15 Juillet, tout est accompli (!...), j'ai payé les 3 taxes dues (taxe d'entrée, taxe de navigation, et "nouvelle" taxe!).

 

Lot de consolation, nous avons pu profiter de ce délai pour visiter longuement la vieille ville, et, à l'écart de la rue principale bondée, ses ruelles et ses places tranquilles...

 

le 15 juillet : Nous quittons donc la marina à 13h, et naviguons jusqu'au mouillage sauvage d'Ormos Valtou, où nous jetons l'ancre à 17h.

Nous profiterons ici d'un magnifique coucher de soleil, et passerons la nuit en compagnie des "mulets sauteurs", poissons de belle taille, et au comportement original: ils peuvent bondir à plus d'un mètre de haut, et leurs éclaboussures sonores n'en finissent pas de nous surprendre...

 

Contrôle en mer

 

16 Juillet : Temps bouché et humide ce matin. Malgré la bruine qui tombe, nous partons au moteur (pas de vent bien sûr) pour rejoindre le petit port de pêche de Pétriti.

 

Nous sommes rattrapés en milieu de traversée par une vedette des garde-côte (italiens! "Guarda di Financia"), car notre présence ici par ce temps éveille leurs soupçons.

Alors que nous naviguons bord à bord, ils nous questionnent : "Combien de personnes?", "Port de départ?", "Port d'arrivée?" etc...

Il est clair qu'ils sont chargés de la surveillance des frontières, et de la lutte contre l'immigration irrégulière, assez active ici, à proximité du grand port d'Igoumenitsa.

Ils nous laissent poursuivre notre route, ...et ils nous rejoindrons d'ailleurs à Pétriti pour un arrêt casse-croûte!

 

Ce petit port est calme et sympathique, à l'écart du tourisme, mais notre mouillage peu abrité et face au vent sera plutôt inconfortable, au moins en première partie de nuit.

 

Du 17 au 21 Juillet : nous naviguons de mouillage en mouillage (Mourtos, Lakka sur l'ile de Paxos, Two Rocks Bay, Vonitsa dans le golfe d'Amvrakia).

Le 21 à 14h, nous nous amarrons à Preveza (Preveza Marina).

 

Tahenkat nous attendra là 6 jours, pendant que nous visiterons l'Epire.

 

 

Vue de Corfou et ses parages

 

 

Visite de l'Epire

 

Retour par les Météores

 

27 Juillet : Après avoir ravitaillé en carburant, nous quittons le port, et nous dirigeons vers Leucade.

Un peu d'attente pour l'ouverture du pont mobile, à 13h. Nous descendons le chenal dragué au milieu des hauts fonds, et parvenons aux eaux libres vers 13h45 : nous pouvons alors partir à la voile.

A 16h, nous mouillons à Vliko Bay.

 

28 Juillet : Mouillage à Nisis Petalas.

 

29 Juillet : Nous quittons le mouillage, pour rejoindre Agia Effimia, sur l'ile de Céphalonie, en prévision de l'arrivée prochaine de Lise.

Belle navigation au près, de 10h45 à 15h, dans un flux d'ouest, force 4. Un bord nous amène à passer très près d'Ithaque.

 

Petite croisière avec Lise

 

Nous restons 2 nuits à l'ancre à Agia Effimia, puis nous allons mouiller à Sami, le 31 Juillet, pour accueillir Lise, qui arrive sur un ferry de la "Red Star".

 

Nous jetons l'ancre à 9h40, devant la plage. L'endroit est peu abrité, mais nous ne comptons pas y rester longtemps.

Débarquement en annexe. Nous repartons une heure plus tard, avec Lise à bord, qui a même eu le temps de prendre un bain!

 

Du 31 Juillet au 13 Août : Croisière d'ile en ile.

Étapes à Kato Katelios (Céphalonie), Ormos Keri (Zante), Spartia (Céphalonie), Argostoli, Poros, Vathy (Ithaque), Vliko Bay (Leucade), Spartakhori (Méganisi), Sami (Céphalonie).

 

Un de nos premiers buts est de voir des tortues marines. Déception à Zante, sur leurs lieux de ponte, où elles sont dérangées sans arrêt par les navettes à touristes.

Par contre, à Argostoli, nous pouvons admirer de beaux spécimen, qui coulent des jours tranquilles autour des bateaux des pêcheurs.

 

Nous découvrirons aussi les richesses de Céphalonie et d'Ithaque.

Vidéos  (passer en plein écran, retour par "échap")

Vidéo-Entre Albanie et Grèce 

Vidéo-Golfe d'Amvrakia 

Vidéo-Vers Ithaque

Vidéo-Tortues au port de pêche

 

Croisière ionienne

 

 

 

 

Céphalonie

A partir d'Argostoli, petite capitale insulaire, où nous avons amarré Tahenkat pour laisser passer un coup de vent, nous explorons cette ile attachante, qui constitue un petit monde à elle seule, des falaises et des plages jusqu'aux montagnes, de la station huppée de Fiscardo aux petits villages tranquilles...

 

 

Ithaque

Le mythe d'Ulysse était déjà vivace à la période romaine, dix siècles après le temps supposé de l'épopée homérique, comme le montre le tesson de poterie que nous avons vu au musée de Stavros (Ithaque), qui porte l'inscription : "Odysseus".

Aujourd'hui aussi, il est bien sûr tentant de rechercher sur l'ile les différents lieux évoqués dans l'Odyssée; mais surtout, on se surprend à retrouver, en contemplant ces paysages, l'émotion qu'a voulu faire ressentir le poète, en décrivant la vie rustique sur la "rocailleuse Ithaque".

16 Août : Un coup de vent de nord-ouest nous a fait patienter jusqu'à aujourd'hui pour quitter Sami, après le départ de Lise le 14 au soir.

A 8h, nous partons sous génois seul, car le vent est encore à force 5 à 6. Belle navigation au portant. Après un bref épisode de moteur, le vent ayant molli passagèrement, nous repartons sous grand-voile et génois.

 

Histoire et mythes

 

Nous nous amarrons à Katakolon à 17h30. Nous resterons là 2 nuits, ce qui nous permettra de visiter le site d'Olympie, où se tenaient dans l'antiquité les fameux Jeux.

 

18 Août : Encore une belle navigation, au moteur le matin, à la voile l'après-midi, pour atteindre Pylos.

 

La ville et le port sont situés au sud de la baie de Navarin, lieu d'une défaite navale de la flotte ottomane en 1827, lors de la guerre d'indépendance grecque.

Au nord de la même baie, se trouve le mouillage, surmonté de ruines mycéniennes, appelées, par référence au mythe homérique, "Palais de Nestor". 

 

Nous choisissons d'aller au port, en fait une marina abandonnée après la crise de 2008. Pas de pendille à notre place, il faut se débrouiller seuls et nous mettre à couple avec le bateau voisin, abandonné, semble-t-il.

Mais si l'amarrage est scabreux, la ville, ses ruelles, sa citadelle vénitienne et son musée nous ravissent.

 

19 Août : Une grande étape jusqu'au magnifique mouillage de Géroliménas, à la pointe de la sauvage péninsule du Magne. 

 

Nous commençons à penser à la traversée vers la Crète.

 

 

L'ouest du Péloponnèse