Hurghada et Egypte  

"Égypte, ennuis et enquiquinements".😀 Saison5

Voilà 2 jours que nous sommes de retour à Hurghada, quand, le 17 Octobre, Michel et Marie arrivent pour nous rejoindre. Évelyne, pour sa part, nous quittera le lendemain. J'ai déjà prévenu notre agent Mohamed de mon intention de naviguer vers le sud de l’Égypte, en m'arrêtant au passage à Port Ghalib, et il m'a promis de faire le nécessaire.

 

Nous sommes en train de faire nos courses au supermarché Gomla, où nous avons nos habitudes, quand je reçois un appel urgent de Mohamed : il veut qu'on se voie tout de suite. Il m'annonce :

  • que depuis le 01 Octobre, les taxes à Port Ghalib sont devenues aussi élevées qu'à Hurghada.
  • qu'à la même date, tous les ports sont passés à une gestion informatique des entrées, ce qui n'était pas notre cas lors de notre arrivée à Hurghada. Pour nous réintroduire dans le système, pas d'autre solution que de nous faire repayer les taxes déjà payées à Hurghada !!!

 

Je vérifie les dires de Mohamed auprès du manager de Port Ghalib, et aussi auprès de Moksen, manager de l'agence Félix à Port-Saïd. Ils me confirment tous les deux le changement, ce qui me plonge dans la consternation... Mais ma réflexion est brève : face à un tel niveau d'élucubration administrative, je décide de jeter l'éponge, et d'arrêter les frais, c'est-à-dire de renoncer à cette navigation vers le sud, qui aurait pourtant été la partie la plus intéressante du voyage...

 

A la place, je propose à Marie et Michel un programme axé sur des visites à l'intérieur du pays, et nous faisons contre mauvaise fortune bon cœur... Et pour leur offrir au moins un aperçu des environs sur l'eau (et sous l'eau), je programme quand même une petite navigation de 4 jours ... Malheureusement, lors de cette dernière, nous jouerons de malchance, puisque le moteur d'annexe refusera de remplir son office, ce qui empêchera la visite du récif de Soma Bay, que j'avais prévue.

 

Pour compléter et terminer la liste de nos déconvenues, Mohamed m'annoncera juste avant notre départ, la soudaine impossibilité pour les étrangers d'acheter du gasoil, mesure de rétorsion, d'après lui, suite à l'arrivée du Rainbow Warrior, le bateau de Greenpeace... Nous en serons réduits à la comédie d'un ravitaillement clandestin par bidons...

 

Quant au Rainbow Warrior, nous avons pu le visiter, après avoir traversé un cordon de policiers, avec contrôle et photographie des passeports.

Sa capitaine nous a expliqué qu'elle avait subi de nombreuses tracasseries avant de parvenir jusqu'ici (et nous apprendrons plus tard qu'il n'a jamais pu rallier Sharm El Cheikh, comme c'était prévu). Décidément, Greenpeace n'est pas du tout bienvenue en Egypte...

 

Louksor, rive ouest

 

Après 5h de bus, traversant le désert, puis longeant le Nil, nous rejoignons Louksor, et nous nous installons sur la rive ouest, où l'agglomération se limite à un gros bourg  tranquille  et rural.

Sur notre rive, nous pourrons visiter la Vallée des Rois, et de l'autre côté, en traversant par le bac, les temples de Louksor et de Karnak, ainsi que le musée.

 

 

Louksor, splendeurs antiques

 

 

Shaab Abu Rimathi

 

Après notre navigation décevante jusqu'à Soma Bay, Mohamed, un voisin de ponton, skipper du voilier d'un riche cairote (qui m'a déjà rendu service en me montrant où me procurer du Camping Gaz), a pu nous organiser une sortie sur le safari-boat de son cousin. Il s'agira d'une sortie privatisée, puisque nous serons les seuls passagers. Il commence par m'emmener la veille au soir au marché aux poissons, pour choisir ensemble ce que nous mangerons le lendemain, et qu'il cuisinera pour nous.

 

A propos des safari-boat, destinés à transporter les touristes sur les lieux de plongée, ils reproduisent les codes esthétiques des motor-boat occidentaux (gel-coat blanc, profusion d'inox, vaste carré, cabines...), mais sont en fait construits localement en bois. Ces coques assez lourdes sont très sous-motorisées, et ne naviguent qu'en déplacement (pas de planning!), avec des vitesses de croisière de l'ordre de 7 à 8 noeuds.

 

Désert Oriental

 

J'avais découvert sur internet "Red Sea Mountain Trail", un ensemble d'itinéraires promu par un organisateur de trek, dans le Désert Oriental, autour du point culminant du massif (Djebel Shayib El Banat - 2187 m). Après avoir recontacté l'organisateur, nous nous mettons d'accord sur un programme de marche sur 3 jours, pour un montant total de 22500 EG Pound (1200 € environ, pour nous 4).

 

Nous disposerons d'un véhicule pour les parcours de liaison, et de trois guides : Shaheen, guide - Wali, guide, anglophone - Saleh, chauffeur-cuisinier. Tous trois sont de la tribu bédouine des Maaza, dont l'accord est indispensable pour parcourir la région.

Vidéos  (passer en plein écran, retour par "échap")

Vidéo-Départ vers les montagnes

Vidéo-Dromadaires de Wali

Vidéo-Une journée au désert

Remontée vers Ismaïlia 

Après la réduction de notre programme de navigation, j'ai décidé de changer mes plans et d'hiverner le bateau non pas à Hurghada, mais à Ismaïlia, sur le Canal de Suez. Mohamed Mohsen m'a fait une proposition intéressante (15 $ par nuit, soit 2 fois moins qu'à Hurghada...). Le bateau restera à flot, mais j'en serai simplement quitte à recourir à un plongeur pour nettoyer la carène, avant de repartir au printemps prochain.

Catherine et Marie repartent en avion ce 05 Novembre, et nous reprendrons la mer demain, Michel et moi.

06 Novembre : nous quittons la marina assez tôt, vers 08h30, et nous allons nous amarrer au port, pour les formalités de sortie. Celles-ci durent plus que je ne voudrais, et nous ne pouvons repartir que vers 10h45. Vu l'heure et les conditions météo (vent faible pour le moment), je décide de tenter une grande étape, avec navigation de nuit dans le rail des cargos (pour éviter les dangers non signalés), afin de remonter le plus haut possible dans le golfe de Suez. Navigation tranquille l'après-midi et encore en début de nuit, quand je descends pour mon quart de repos à 22h. 

 

Difficultés et dangers de la remontée du Golfe de Suez

Quand je remonte peu après minuit, tout a radicalement changé : nous sommes face à une mer bien formée, le vent dépasse 25 nœuds, et tutoie par moments les 30 nœuds.. Je décide donc de quitter le rail, et de partir cap au 25, en direction de Tor. La mer très agitée dans le détroit de Jubal sera plus facile à négocier sous cet angle, pas de haut-fond portant des installations pétrolières sur la route... Il me faudra ouvrir l’œil malgré tout pour parer à tout danger... Peu après 02h30, nous entrons dans la baie de Tor, et mouillons à 03h du matin, le 07.

07 Novembre : après une nuit courte, mais tranquille et reposante, nous nous levons à nouveau vers 06h30. Je veux faire un point détaillé de la météo. Tout bien considéré, nous décidons de repartir vers 07h30. Dès la sortie de l'abri, nous établissons la voilure : grand-voile à 1 ris, et génois réduit également. Nous commençons notre louvoyage vers 08h, dans un vent à force 4, jusqu'à 17-18 nœuds dans les rafales les plus fortes.

Très vite, je suis rassuré sur le comportement du bateau : il remonte bien, à 5,5 nœuds en moyenne, à 50° du vent réel. Nous sommes bien coordonnés au moment des virements, et ils se passent bien, en perdant peu de terrain. Par contre, il nous faut virer 2 fois pour laisser du large à des pêcheurs au travail, et une troisième pour éviter un récif non cartographié ! Stress bien sûr pendant la manœuvre, et ensuite en surveillant la couleur de l'eau... si bien que j'en oublie de noter la position précise de ce danger ! J'ai seulement écrit sur mon livre de bord : "au nord du Banc de Tor"...

 

Vers 17h, la nuit approche, et nous avons remonté de 32 milles depuis notre départ (c'est exactement ce que donne le calcul mathématique pour une vitesse de 5,5 nœuds, à 50° du vent !...). Nous sommes en vue du mouillage derrière le récif de Ras Shératib.

Le mouillage sur sable et corail ne nous tente guère, et nous décidons de poursuivre au moteur, le vent étant bien tombé, jusqu'au mouillage d'Abu Zenima. Pas de problème particulier, mais une petite frayeur quand même quand nous passons à 20 m d'une énorme balise métallique, non éclairée (sa jumelle placée un peu avant sur notre route m'avait tout de même alerté...). A 23h, le 07 novembre, nous sommes mouillés à Abu Zenima, devant un embarcadère minier, nous semble-t-il, dans l'obscurité. Encore une grosse journée qui se termine, et nous allons dormir sans tarder.

 

08 et 09 Novembre : 2 journées de vents le plus souvent très faibles, nous naviguons donc au moteur. Michel connait le grand bonheur de pêcher une jolie bonite, qui nous fait un repas de fête le 08 au soir, au mouillage de Ras Sudr (bonite, riste d'aubergines, vin blanc de Jordanie...). Le 09 en milieu de journée, nous faisons notre entrée à Suez, et sommes amarrés à couple à 13h15, au "Yacht Club" . Nous avons la bonne surprise d'être accueillis avec une belle boite de pâtisseries orientales : c'est un cadeau de Mohamed Mohsen, qui suit de près notre navigation.

 

Fin de voyage tranquille

Nous avons cette fois la visite d'un agent du "measurement", pour la détermination de notre jauge. Les longueur et largeur de la coque ne posent pas de problème. Je passe plus de temps à lui expliquer le tirant d'eau variable de mon bateau, et surtout à déterminer la hauteur intérieure sous les passavants. Il repart satisfait, et la taxe de transit sera même un peu plus faible que celle payée à l'aller (210 €  contre 238 €). Peut-être y a-t-il une réduction en cas d'aller-retour?

Dernière étape le lendemain 10 Novembre : c'est le trajet sur le Canal jusqu'à Ismaïlia. Nous bénéficions d'un fort courant de marée jusqu'aux Lacs Amers, et c'est heureux, car le pilote n'est arrivé que très tard ce matin. Nous nous amarrons malgré tout à la nuit tombée. Dès le lendemain, nous commençons les travaux de nettoyage, d'entretien et de rangement. Je m'attaque tout de suite à la réparation du radôme, qui a souffert lors d'un virement dans la brise. Le démontage des voiles peut se faire très tôt le matin, avant que le vent ne se lève.

 

Le 13, Mohamed Mohsen, de retour de Sharm El Cheikh, où il participait à la COP 27, vient nous rendre visite. Il me confirme nos arrangements pour l'hivernage, et m'indique que je n'aurai rien d'autre à payer que la marina, et bien sûr la fameuse taxe de 100 $ pour en sortir ! Il nous fournira une voiture avec chauffeur pour notre trajet jusqu'au Caire, le 15 au matin. Là, nous aurons quelques jours pour visiter la ville et les Pyramides, avant notre vol retour le 19 Novembre.

 

Remontée du Golfe de Suez

 

 

Le Caire

 

 

Les Pyramides

La lignée des pharaons bâtisseurs de pyramides a  vécu environ 25 siècles avant notre ère. Elle commence avec Djéser, et, au siècle suivant, son descendant Snéfrou. Ensuite, elle continue avec le fils de Snéfrou, Khéops, puis avec le fils de ce dernier, Képhren, et enfin son petit-fils, Mykérinos.

 

Pour Ramsès II, qui a vécu environ 12 siècles avant notre ère, les Pyramides étaient déjà des monuments très anciens !