Gibraltar  

Nous sommes dans une période de vents d'est bien établis sur Gibraltar, généralement forts: le détroit se comporte comme une tuyère soufflant un flux puissant vers l'ouest.

Pas d'inversion en vue vers l'est dans les prochains jours, qui nous permettrait de pénétrer en Méditerranée poussés par des vents portants !

Il nous faudra donc nous contenter d'attendre un affaiblissement de ces vents d'est.

L'occasion va se présenter, d'après les prévisions, le 24 Août. Il s'agit d'abord de rejoindre le port de Barbate, aux abords du détroit, pour être prêts le jour J.

 

Nous quittons donc Lagos le mercredi 22 au matin, et faisons route au moteur, cap au 130 : si le vent souffle à Gibraltar, il nous est hélas refusé ici !

Navigation tranquille jusqu'à l'arrivée à Barbate, le lendemain à 16 h. Sur 30 heures, nous n'auront fait que 5 heures de voile, par vent très modéré.

La ville de Barbate est sans grand intérêt, et même un peu déprimante. Le seul évènement marquant de cette escale est une attaque massive de moustiques, à partir du crépuscule, et jusqu'à 10 h du soir environ. Ils sont de très petite taille, et agressifs, comme les "midges" d'Ecosse ou d'Irlande.

 

La théorie ...

 

La consultation attentive des "Instructions Nautiques", depuis plusieurs jours, me permet de tracer le tableau de marche le plus favorable pour passer le détroit en négociant au mieux les courants. La pleine mer (PM) à Gibraltar se produisant le 24 Août à 15h11 (heure locale UTC+2), il nous faudrait doubler Tarifa à PM -1h , Ceuta à PM + 3h , pour arriver à Marina Smir à PM + 4h .

 

... et la pratique

 

Nous quittons donc Barbate à 9 h, plutôt confiants. Mais les conditions rencontrées en mer ne seront pas aussi simples, ni aussi favorables que celles annoncées sur le papier. Pour résumer, nous passerons une grande partie de la journée à lutter contre les courants.

Le point le plus délicat sera le passage de Tarifa, le seul endroit où le vent souffle un peu, évidemment dans notre nez! Après cette remontée pénible du courant et du vent, je choisis de raser au plus près la côte espagnole : le vent est maintenant tombé, et j'espère trouver là un contre-courant favorable.

 

La suite de la navigation, y compris la traversée des rails de cargos pour rallier la côte marocaine, sera négociée sans problème, et nous serons consolés de notre déception par le spectacle offert par les flèches d'argent des poissons volants.

 

Traverser le détroit

 

 

Maroc  

Nous voilà amarrés depuis hier soir, vendredi 24 Août, à Marina Smir.

Formalités d'entrée très longues (bureau du Capitaine du port, bureau de Police, retour au bureau du Capitaine pour photocopie des passeports, bureau de Police pour visas, bureau de douane pour déclaration d'entrée, qui ne pourra être signée que lundi matin par l'inspecteur, déjà parti en week-end).

 

Ce matin samedi, je suis allé en taxi jusqu'à M'diq, à 5 km, pour retirer des dirhams, et nous attendons maintenant la voiture que doit nous livrer le loueur: nous allons pendant une semaine parcourir le nord du royaume.

 

Pays berbère

 

Nous visitons d'abord les montagnes du Rif, région de fort peuplement berbère. Tahenkat se trouve en effet ici dans un pays qui résonne avec son nom, et son pavillon amazigh (que le Capitaine de port n'a pas manqué de remarquer dès notre entrée!).

 

La langue berbère est la deuxième langue officielle du royaume, et sur de nombreux bâtiments publics, les inscriptions en tifinars voisinent avec celles en arabe.

 

Ensuite, nous descendons plus au sud, faisant étape à Larache, dans "La Maison Haute", dont la terrasse offre la vue sur la médina et le port.

Notre hôte Hassan, natif d'un village des rives du fleuve local, nous parle longuement de l'histoire de sa région, de sa géographie et de ses cultures, dont celle, traditionnelle, du cannabis...

 

Tinariwen

 

Nous repartons pour les villes impériales, Fès et Meknès.

Dans cette dernière, notre hébergement est le riad Lahboul, au décor somptueux, et à la fraicheur appréciable lorsqu'on arrive vers 16h ! En l'absence des propriétaires, nous sommes accueillis par le couple marocain qui assure l'intendance.

La femme, souriante, nous préparera le repas du soir... Et le mari se plait à parler avec nous, et nous discutons sur nos expériences du travail du bois (il a beaucoup œuvré à la restauration du riad).

Plus tard, à notre surprise ravie, il nous passe un disque de "Tinariwen" pendant notre diner !

 

 

 

Larache, Tétouan, Chefchaouen, Volubilis

 

 

Moulay Idriss, Meknès, Fés

Vidéos  (passer en plein écran, retour par "échap")

Vidéo-Port de Larache 

Vidéo-Pâtisserie aux abeilles 

Espagne, Baléares  

01 Septembre : les formalités de départ sont tout aussi longues qu'à l'arrivée.

Nous appareillons finalement vers 09h30 (heure marocaine, donc 10h30 heure espagnole).

 

Très vite, nous nous trouvons dans le flux d'est traversant la mer d'Alboran, et en profitons pour hisser les voiles. Le bateau marche bien dans une mer peu formée.

Vers 14 h, nous sortons de ce flux, et poursuivons au moteur.

 

Arrivée tardive à Marbella, où nous nous amarrons à 20h30.Le port est tranquille , et l'accueil sympathique.

 

02 Septembre : étape tranquille au moteur, car malheureusement, nous sommes encore dans la période de calmes de la fin d'été. Mouillage agréable, à tombée de nuit, à Herradura.

 

03 et 04 Septembre : après un grand bain au mouillage, grande étape de 30 heures (dont seulement 4 heures de voile...) jusqu'à Carthagène.

Beau port dans un site magnifique. Nous resterons 2 nuits; le temps de visiter la ville, intéressante et assez peu touristique.

 

Marina des sables

 

06 Septembre : 9 heures de navigation, dont 3 heures de voile, jusqu'à Guadamar/Marina de las Dunas.

 

Les dunes en question résultent de l'accumulation de sédiments par un petit fleuve côtier (le Ségura), dont le débouché à la mer constitue le chenal d'entrée à la marina. Bien sûr ce chenal s'ensable régulièrement, ce qui rend l'entrée au port délicate.

Il nous faut remonter partiellement la dérive, et nous fier aux relevés bathymétriques publiés sur le site du port, ainsi qu'aux indications de la capitainerie avec qui je communique par VHF. Dans ces conditions, tout se passe bien pour nous...

07 et 08 Septembre : L'orage, qui nous suit depuis une semaine éclate finalement au petit jour, et dure toute la matinée.

Cela retarde d'autant notre départ, et nous quittons finalement le port à 14 heures, sur le chenal grossi des pluies, et très boueux.

 

Enfin un peu de vent

 

Navigation au moteur l'après-midi, et la nuit. En fin de nuit, le vent d'est se lève et forcit, au moment où nous sommes en approche de la passe entre Ibiza et Formentera.

Nous mettons à la voile, et c'est parti pour un louvoyage, dont j'espère qu'il ne sera pas trop pénible.

En fait, je suis assez vite rassuré, car le bateau se comporte très bien, et il ne nous faudra que quatre virements pour atteindre la passe, sur une mer très peu agitée, car à l'abri des îles.

Une fois la passe franchie (délicat, car la circulation est intense), la mer se creuse, mais nous pouvons faire route directe, toujours au près, vers Santa Eulalia qui est notre objectif.

Au bout d'une petite heure, le vent tombe, moteur...

 

Port non! Vive les mouillages!

 

Santa Eulalia est proche de la maison de nos amis Hélène et Pierrot, que nous allons retrouver pour deux jours, en payant 3 nuits de port, très cher ...(150 € pour notre première nuit!).

 

Il vaut mieux aux Baléares rechercher les mouillages, agréables et nombreux, comme Cala Youndal à Ibiza, que nous atteignons poussé par un bon vent portant, et où je m'amuse à faire un "selfish" sous-marin.

Autres mouillages sympathiques que nous visiterons : Cabrera, dans le petit archipel devenu parc national, près de Majorque ; et Trebalujer, à Minorque, avant notre arrivée le 17 Septembre à Port-Mahon.

 

Port-Mahon se trouve dans une belle rade, très fermée, dont nous délaissons l'entré principale, pour prendre sur la droite la passe vers le mouillage de Teulera, qui se poursuit par le canal de San Jordi. Une fois amarrés, nous prévoyons de passer la journée du lendemain à visiter la ville et ses environs (site néolithique de Trépuco).

 

 

Espagne, côte méditerranéenne  

 

 

Images des ïles Baléares

Arrivée en Provence 

Gérer la météo, et le planning...

 

Les prévisions météo annoncent pour la semaine prochaine une assez longue période perturbée sur le Golfe du Lion, et la Provence: d'abord deux coups de mistral et tramontane, puis un retour de vent d'est musclé. 

 

Si nous voulons être à Hyères avant le 30 Septembre pour les retrouvailles familiales prévues, il nous faut renoncer à la visite des mouillages du nord de Minorque, et anticiper notre traversée, en profitant des 3 jours de beau temps que nous avons devant nous.

 

19 Septembre : Nous avons décidé de partir très tôt, et nous quittons donc notre place au port à 04 heures du matin. 3 heures de navigation de nuit pour commencer, avant de voir le lever du jour.

 

La traversée commence au moteur, et elle se poursuivra sur une mer de plus en plus calme...

 

Rorqual commun

 

20 Septembre : au moteur toujours. Dans l'après-midi, des cétacés refont leur apparition autour de nous : nous n'en avions plus vu depuis Gibraltar!

Ce sont d'abord des dauphins, qui, classiquement, viennent s'ébattre à notre étrave...

 

Puis, encore plus spectaculaire, c'est la rencontre avec un rorqual commun, qui taille sa route sur notre travers avant, à une encablure environ.

C'est une belle bête, d'environ 20 mètres, qui dégage une impression de puissance sereine, et dont la marche est ponctuée par les panaches de son souffle.

Il finit par plonger, sans nous dévoiler sa caudale, comme il se doit pour les rorquals... Nous en rencontrons peu après deux autres, plus petits, semble-t-il.

 

A la nuit tombée, nous prenons la passe entre Porquerolles et Giens, et allons mouiller, sans difficulté, à La Badine.

Le lendemain, nous prenons une place au Port de Hyères, pour 6 nuits, le temps de laisser passer les coups de vent.

 

27 et 28 Septembre : petite croisière jusqu'à Port-Man, où nous mouillons dans seulement 8 mètres d'eau (!), ce qui veut dire que nous pouvons nous approcher beaucoup plus près du fond du mouillage, beaucoup plus calme qu'en été...

Le retour sous voile est agréable, sur la rade bien abritée.

 

02 Octobre : sortie à Porquerolles, puis retour sur Port-Gapeau, pour le grutage et la mise à sec.

 

 

Retour sur les côtes de Provence