
Un hôtel "à la hauteur"
17 Avril : avec un jour de retard (dû à la panne géante à l'aéroport Saint-Exupéry), nous atterrissons au Caire, Catherine et moi. Evelyne nous a précédés de quelques heures, et nous la retrouvons au remarquable "Berlin Hotel".
Ce nom improbable désigne un établissement installé au troisième étage d'un vieil immeuble plus que centenaire, et que nous avons choisi pour sa situation, au centre de "Downtown". C'est d'ailleurs sa seule qualité, car ici la décrépitude s'affiche dès l'ascenseur, véritable ruine sans panneaux latéraux: ventilation optimale, mais risque sérieux pour l'imprudent qui écarterait les bras pendant la montée (car malgré tout, cet ascenseur monte et descend !).
Chambres restées dans leur jus depuis la révolution nassériste, et équipement sanitaire minimal. Seul le grand salon prétend à un certain éclat, mais sa "décoration" laisse rêveur...

Mais qu'importe, nous pouvons à partir de là circuler dans ce quartier central et animé, à proximité de la place Tahrir et du musée. Evelyne a déjà visité ce dernier, et elle est également ravie de découvrir le célèbre "Immeuble Yacoubian", popularisé par le roman d'Alaa al Aswany.
Autre avantage, nos hôtes nous fournissent un chauffeur, pour les navettes d'aéroport, et surtout pour la journée que nous allons consacrer aux pyramides, dès le lendemain.
Les Pyramides
Visites très intéressantes, malgré la chaleur déjà accablante, après lesquelles c'est le retour dans les embouteillages jusqu'au "Berlin Hotel", suivi d'un repos indispensable dans la fraicheur relative de nos chambres. A l'arrivée de la nuit, les températures baissent, et nous sortons pour déambuler en ville, et dénicher un restaurant (beaucoup sont fermés, par suite du Ramadan).

Retour aux Pyramides
C'est un retour pour moi, qui étais déjà là à l'automne, mais une découverte pour Catherine et Evelyne.
Je revois avec intérêt les sites de Gizeh, Saqqarah, Dahchour, et Memphis. En plus de ce que je connaissais, nous pouvons visiter le très beau tombeau de Téti, à proximité de Saqqarah, et approcher jusqu'à l'entrée de la pyramide rhomboïdale

Transfert à Ismaïlia
19 Avril : Dans un véhicule envoyé par Mohamed Mohsen (notre contact du Suez Canal Authority), nous parvenons à Ismaïlia peu avant midi. La route a été sans histoire, simplement marquée par un arrêt pour des courses d'avitaillement, qui nous a permis de remplir le coffre de la voiture. Nous découvrons Tahenkat, autour duquel s'affaire déjà une équipe de plongeurs. Ceux-ci vont commencer à nettoyer la carène (essentiellement gratter les coquillages qui y sont fixés), pendant que nous effectuons les formalités : douane et police, et paiement de la fameuse taxe de sortie-entrée dans la zone du canal (4000 livres égyptiennes, soit environ 120 €).
Mauvaises surprises...
Retour au bateau, qui avait été déplacé pendant l'hiver, comme convenu, par suite des travaux dans la marina. Dès que je monte à bord, je constate que lors de ce déplacement, le nouvel amarrage n'a pas été effectué correctement : pas de tour mort sur la bouée pour la grande amarre de proue, qui a été simplement passée à double dans l'anneau. Le raguage inévitable a entrainé son usure presque totale, jusqu'à la réduire à un seul toron. L'amarrage est revu, et le bateau sécurisé. Il ne me restera plus qu'à recouper ma grande amarre de 40 mètres, pour en faire deux, la plus grande étant maintenant réduite à 30 mètres.
Nous commençons à nous installer, à mettre en service électricité, eau et frigo, à sortir les voiles et l'annexe qui encombraient l’intérieur, à ranger, à réinstaller l'accastillage,... Mais, avec la journée qui s'avance, je fais une constatation inquiétante : il semble y avoir une baisse de tension généralisée, si bien que le frigo se met en stand-by, et que même la pompe à eau ne fonctionne plus normalement.
Je ne tarde pas à comprendre ce qui se passe : le parc des 4 batteries de service est Hors Service : 2 ont éclaté, les 2 autres sont mortes. Seuls l'alimentation directe par les capteurs solaires nous permettait un fonctionnement normal, tant que le soleil était haut. La nuit venant, il nous faudra démarrer le moteur, pour pouvoir nous alimenter directement sur l'alternateur (heureusement, la batterie de démarrage moteur est toujours en parfait état).
Après un premier moment de consternation, puis un peu de réflexion, je décide de ne pas modifier notre calendrier : nous partirons dans 3 jours, comme prévu , SANS batteries de service. En effet, c'est ce soir la fin du Ramadan, suivie de cinq jours fériés, pendant lesquels tout sera fermé. Trouver dans ces conditions des batteries neuves, aux bonnes spécifications, serait une gageure. J'achèterai donc de nouvelles batteries à Chypre, après notre traversée depuis Port-Saïd. D'ici là, nous fonctionnerons sur les capteurs dans la journée, sur le moteur dans la soirée, et nous arrêterons tout appareil électrique pendant la nuit.
...Et bonne surprise
Par conséquent, extinction des feux assez tôt pour cette première nuit à bord, vers 20h30 ... Nous commençons à peine à glisser vers le sommeil quand quelqu'un nous interpelle depuis l'extérieur ! C'est Mohamed Mohsen, venu pour une visite de politesse, et tout décontenancé de nous trouver déjà couchés ! Nous l'invitons bien sûr à monter à bord, et il embarque, avec une énorme boite de pâtisseries, qu'il a voulu nous offrir. Nous nous installons dans le cockpit (obscur...) pour une conversation prolongée, bien agréable. Son français est toujours impeccable, et sa gentillesse confondante... Avant notre départ, il nous offrira même le repas au restaurant du "club", que son adjoint Nasser voulait nous imposer, suite à un malentendu...
Les 2 jours suivants se passent sans temps morts, car nous avons beaucoup à faire. Je règle la facture d'hivernage (2415 $ pour 161 jours, comme prévu), et également la note pour la location de voiture, la maintenance du moteur, et le nettoyage de la carène (315 $). Moins de 2500 € au total, le cours de l'euro étant redevenu avantageux depuis l'automne... Je fais faire aussi le plein de carburant (livré par bidons de 50 L, très malaisés à manipuler...).


Le Canal de Suez, dernier tronçon
22 Avril : Le pilote (Hamid, sympathique, mais pas avec les dames...) vient d'arriver, à 9h. Nous quittons le bassin de la marina, puis embouquons le chenal vers le canal. Navigation sans histoire; le soir à 17h, nous nous amarrons à la "marina" de Port-Fouad, sur la rive opposée à Port-Saïd.
Manœuvre facile, puisque l'amarrage se fait en long, et c'est heureux, car j'ai constaté hier au soir que le propulseur d'étrave ne fonctionne plus ! Autre problème qu'il me faudra régler sans tarder...
Formalités, au bureau de l'Immigration notamment, où nous nous rendons en bateau-taxi, avec notre agent, dépêchè par FELIX Agency. Notre visa, acheté à la descente d'avion, avait été annulé à Ismaïlia (pour des raisons évidentes pour les autorités, mais incompréhensibles pour nous) : il nous faut donc en reprendre un ici, afin de pouvoir nous rendre en ville demain.

Fin de Ramadan à Port-Saïd
Port-Saïd bruit toujours d'une animation agréable, que nous percevons dès la traversée sur le bac. Il faut dire que l'ambiance est à la fête, dans cette période de fin du Ramadan.
Égyptiens endimanchés et en famille, s'offrant visiblement une escapade touristique. Nous avons d'ailleurs l'impression d'être les seuls étrangers.
Ville déjà décrite, mêlant les restes des maisons coloniales avec les immeubles ou vitrines modernes, les ruelles à taudis malpropres avec les parcs très soignés...
Nous poussons jusqu'au marché aux poissons : là, avec un jeune égyptien qui s'est proposé pour m'aider, je choisis quelques beaux rougets, à faire cuire ensuite dans une gargote au bout de la halle. Repas simple et excellent !
Port-Saïd
Vidéos (passer en plein écran, retour par "échap")
Ascenseur Berlin Hotel
Le pélican du marché
Traversée en bateau-taxi
Pas de gite au moteur !
24 Avril : le pilote, monté à bord à 07h15, est pressé de nous quitter, avant même le début du chenal de sortie de Port-Saïd. Je reçois sur ces entrefaites un message de Mo Engel, technicien établi à Limassol (www.Mo-tech.biz), que j'avais contacté au sujet de mes batteries. Nous nous mettons d'accord rapidement, et je suis rassuré : il me fournira les batteries neuves dès notre arrivée là-bas.
Alors que nous atteignons la mer libre, je mets le cap au 05, au moteur, car le vent est très faible, et de plus contraire. Malheureusement, cette situation dure la plus grande partie de la journée. En soirée et en début de nuit, le vent monte un peu, et nous permettrait de naviguer au près, si nous n'étions pas obligés de faire tourner le moteur, pour alimenter les instruments, et les feux de navigation. Je ne veux pas prendre le risque de naviguer gité au moteur (casse moteur possible), et donc nous laissons la grand-voile dans son sac, et le génois roulé ! Situation frustrante, tout de même !...
La jument du gouverneur
Pas trop de regrets malgré tout, car dès le milieu de nuit, le vent retombe, et reste faible jusqu'à la fin d'après-midi du lendemain. A ce moment-là, nous sommes en vue des reliefs de Chypre. La nuit tombe à nouveau. A 21h30, nous mouillons à l'est de la péninsule d'Akrotiri, devant la plage de Lady's Mile (c'est parait-il, le nom de la jument d'un ancien gouverneur britannique de Chypre). Mouillage abrité du vent dominant, agréable, pratique, et que nous connaissons bien pour l'avoir utilisé déjà 2 fois lors de notre navigation d'automne.


Petit mot sur Mo
26 Avril : Après une nuit confortable, qui nous a permis de récupérer de la traversée, nous quittons le mouillage vers 9h, pour rejoindre la marina de Limassol, toute proche. Nous nous amarrons sans difficulté, vers 10h15, dans cette marina très moderne, qui se veut une copie des meilleures réalisations occidentales (et qui est donc bien chère...). Formalités d'entrée à Chypre. Sur le quai, je rencontre également Mo Engel, qui semble agréable et efficace : il m'apportera les 4 batteries demain... Dans la journée, nous visitons Limassol, faisons quelques courses, et réservons une voiture de location, pour la virée que nous prévoyons dans l'intérieur, le surlendemain.
Le 27, Mo est effectivement là très tôt, avec les batteries. Il accepte également d'examiner avec moi le propulseur d'étrave. Vérification instructive, car elle me permet de bien comprendre les différents éléments du système, mais malheureusement, nous n'identifions pas la panne...(Malgrè tout, les explications de Mo me seront très utiles, et me permettront de règler le problème du propulseur à l'escale suivante). Quant à l'installation des nouvelles batteries, je l'effectue sans problème, même si elle me prend du temps, car il me faut d'abord décaper à la spatule le bac de rétention, pour le débarrasser de toute trace de sulfate.
Etant finalement tout à fait satisfait de l'intervention de Mo, je posterai des commentaires très positifs à son sujet sur l'appli "Navily".
Dernier port à Chypre
29 Avril : Navigation jusqu'à Paphos, par un temps perturbé et orageux. Sans l'aide du propulseur d'étrave, la manœuvre de port à l'arrivée, par vent de travers, est difficile, et après plusieurs essais infructueux, nous devons changer de poste avant de parvenir à nous amarrer, à côté d'un chalutier. Nous retrouvons ce petit port authentique, abritant de nombreux bateaux de pêche.Visites des mosaïques du site voisin, toujours extraordinaires. Formalités de sortie, car c'est ici notre dernier port sur l'ïle de Chypre, que nous quitterons dans 2 jours, pour la Grèce.
30 Avril : Dernière étape chypriote, jusqu'au mouillage de Blue Lagoon, que nous atteignons après 18h : les bateaux de touristes sont partis, l'endroit est désert, et pour nous seuls jusqu'au lendemain.
Chypre
Chypre
Traversée trop tranquille
01 Mai : Nous quittons le mouillage vers 8h, par beau temps et vent nul. Cap au 290, et nous devons faire plus de 150 milles sur cette route, avec des prévisions annonçant des vents très faibles.
Moteur, donc, sur une mer le plus souvent d'huile... Dans la journée, les quelques bouffées d'air quand le vent se lève un peu nous sont rigoureusement contraires...
Après une nuit paisible, où nous prenons tour à tour nos quarts, nous sommes au petit matin en vue des sommets neigeux de la chaine turque du Taurus. Nous nous rapprochons encore des côtes, vers notre destination, l’ile grecque de Kastellorizo. A 13h, nous sommes amarrés dans son port principal, Megisthi.


Bonne inspiration
Dans l'après-midi, sans tarder, je veux vérifier une idée qui m'est venue pendant notre traversée, à propos du propulseur d'étrave: nous avions, avec Mo, essayé de court-circuiter (shunter) le capteur de température (destiné à protéger le moteur des surchauffes). Je décide au contraire de le débrancher complètement. Résultat : le propulseur fonctionne à nouveau normalement (mais sans sa protection thermique) ! Voilà qui me rassure pour la suite de nos manœuvres de port, même s'il faudra être plus précautionneux...
Je peux maintenant profiter de l'escale plus sereinement... Kastellorizo nous offre toujours les mêmes paysages de carte postale, et les points de vue depuis le sentier qui monte jusqu'au monastère de Saint-Georges sont vraiment enchanteurs...
Kastellorizo

Nuages et orage
04 Mai : Étape jusqu'à Lindos, sur l'ile de Rhodes. Le vent souffle de l'est dès notre appareillage, et nous pouvons établir les voiles à la sortie de la rade. Navigation à bonne vitesse, au portant, durant la matinée.
Mais vers midi, le ciel se bouche, et le vent tombe. Nous sommes bientôt pris dans un grain orageux, sous de fortes rafales, et il est plus prudent de se mettre au moteur à sec de toile.
Une heure plus tard, le grain s'est éloigné, et je déroule à nouveau le génois. Peu avant la tombée de la nuit, nous mouillons à Lindos.
06 Mai : Le ciel est resté couvert depuis hier. Nous rejoignons la ville de Rhodes, et nous nous amarrons à Rhodos Marina.
Nous avons maintenant 2 jours pour visiter (ou revisiter) la vieille ville de Rhodes. A la suite de quoi, Evelyne nous quittera, pour rejoindre la France.
Rhodes