Tahenkat avait été nettoyé, désarmé, hiverné et bâché à l'automne 2018.
Les premiers mois du printemps 2019 nous voient occupés à des travaux de retouches de peinture, longs et fastidieux, si on veut obtenir un résultat au moins passable.
A la fin du mois d'Avril, nous pouvons réinstaller les voiles (avec l'aide de Loïc, pour la grand-voile lattée, délicate), réviser le moteur inboard (le Volvo de 55 chevaux, merci à Manu pour son concours), et finaliser de nombreux détails.
Le 05 Mai, nous descendons sur le chantier avec Marion, et nous attaquons à l'antifouling: cette année, la carène sera bleue.

Le 07 Mai, c'est la mise à l'eau à Port-Gapeau.
Inspection rapide des fonds, démarrage du moteur, pas de problème. Il me reste à réinstaller balancine et pataras, dont le démontage était nécessaire pour passer sous la grue, et nous pouvons appareiller.
Nous nous contenterons d'une très courte navigation jusqu'à la Badine, avant de nous amarrer à Hyères, le temps annoncé étant maussade et pluvieux.
Dans les jours suivants, étapes à Porquerolles et Port-Cros, mouillage, marches dans les iles, et bains dans l'eau encore fraiche, en prenant garde aux méduses, déjà présentes.


Puis c'est la fin des congés de Marion, et nous laissons le bateau à Hyères pour quelques jours.
Nous le retrouvons fin Mai, et pouvons procéder à l'avitaillement.
Resté seul pendant que Catherine ramène notre voiture à la maison, j'en profite pour partir naviguer en solo, le but étant principalement de faire des essais de voile, le spi d'abord le premier jour, puis la trinquette le lendemain.
Après ces navigations sportives, le mouillage de la Badine, tranquille en cette saison, est agréable le soir, et l'eau autorise même un bain rapide.
Retour le 03 Juin à Hyères, où j'accueille Catherine à la descente du train.
Tahenkat, et son équipage, sont prêts pour le départ!
Après une courte étape "de rupture" (comme on le dit pour une caravane saharienne) jusqu'à Port Man, le véritable départ a lieu le 05 Juin au petit matin, lorsque nous entamons la traversée vers la Sardaigne.
Dès 7h30, le vent de nord-est force 4, bien établi, nous permet de naviguer aisément au travers, cap au 140.
Le vent tourne progressivement au sud en cours de matinée, et nous nous retrouvons au près vers midi. Il mollit peu à peu dans l'après-midi. Moteur.
Au coucher du soleil, il se relève du sud-ouest, et nous repartons sous voilure réduite, travers tribord amures. Nous profitons de cette navigation agréable pendant les quarts de nuit. La vitesse se maintient entre 5 et 6 nœuds jusqu'au petit jour.
Après une accalmie au lever du soleil, le vent remonte à force 4, du nord-ouest maintenant, ce qui nous permet de renvoyer toute la toile, et de naviguer confortablement au grand largue.
Des éponges et des ânes
A 11h, nous longeons la côte de l'ile d'Asinara, et nous entrons peu avant midi dans son mouillage principal, Cala Reale, où nous prenons sans difficulté une bouée.
Asinara est une terre de collines rocailleuses, détachée à peu de distance de la Sardaigne. Au vingtième siècle, elle a abrité des prisons (prisonniers de guerre, puis détenus politiques et mafieux), et pour cette raison, est restée zone interdite jusqu'aux années 80. Elle est ensuite devenue Parc Naturel dans les années 90.
Cette histoire particulière explique un environnement préservé de manière exceptionnelle. Il nous est arrivé d'admirer des barracudas depuis la jupe arrière du bateau, ou de trouver des éponges échouées sur la plage.


Autour de nous, les nuances de turquoise de la mer contrastent fortement avec les feuillages rouges des euphorbes arborescentes sur les pentes des collines. On peut voir de nombreux ânes, qui ont sans doute donné son nom à l'île.
Nous marchons jusqu'à la plage, située sous l'ossuaire austro-hongrois (des prisonniers de la première guerre mondiale ont été internés sur l'ile, certains y sont morts. Le bâtiment solennel qui abrite l'ossuaire a été construit sous Mussolini, et affiche la devise : "PAX" ....). L'eau très limpide invite au bain, mais elle reste encore fraiche.
Dans la nuit, vers 2h, de violentes rafales se lèvent : il s'agit d'une dépression méditerranéenne, satellite de la tempête "Miguel", qui fait rage sur l'Atlantique. Ces vents violents durent jusqu'à 14 h, et nous obligeront à passer une nuit de plus au mouillage.
08 Juin : A 9h, nous quittons le mouillage au moteur, et nous dirigeons vers le passage de Fornelli, entre Asinara et la Sardaigne. Nous traversons prudemment la passe, étroite et peu profonde, en nous concentrant sur les deux alignements à suivre.
Au-delà, nous pouvons partir à la voile sous le vent de nord bien établi, et naviguer agréablement au portant jusqu'à la fin de l'après-midi. Nous pénétrons alors dans le grand mouillage abrité de Porto Conte, où nous jetons l'ancre peu après 17h.
Fleuve et Malvoisie
09 Juin : Après une étape par vent faible, sans histoire, nous nous amarrons au "Porto Fluviale" de Bosa Marina.
Bain rapide à la plage voisine, puis nous mettons l'annexe à l'eau, et remontons au moteur le Fiume Temo, jusqu'à la ville de Bosa, à 2 km en amont. Le Mercury de 6 chevaux est certes un peu lourd à installer, mais il nous donne maintenant des ailes alors que nous glissons au planning entre les berges de roseaux .
La première vue sur la ville colorée, au-delà d'un coude de la rivière, est un enchantement. Amarrage entre deux barques des vieux quais, et visite des rues pavées et pentues de la vieille ville, où nous achetons, dans une bouteille sans étiquette vendue sous le comptoir, une spécialité locale : la Malvoisie de Bosa.

Vues de Sardaigne, côte nord-ouest

10 Juin: Descente plus au sud jusqu'au Golfe d'Oristano.
Nous mouillons sur bouée, à l'entrée du golfe, dans une zone protégée située à l'abri du Capo San Marco.
Devant nous se trouvent les ruines de la cité punico-romaine de Tharros.
11 Juin: Grande étape de 45 milles, jusqu'à Carloforte, sur une ile séparée de la Sardaigne par un lagon turquoise.
Nous nous amarrons dans la Marina Sifredi, et visitons la ville, marquée par sa spécialisation dans la pêche au thon.
Belle navigation au portant
12 Juin : La météo prévoit pour demain un fort coup de vent d'est, qui nous bloquerait ici si nous passions une nuit de plus au port. Aussi, bien que l'endroit soit agréable, nous anticipons notre départ, et appareillons dès ce matin, à 11h.
Pour le moment, c'est un bon vent d'ouest qui nous pousse sous génois seul, et notre vitesse se maintient jusqu'à 16h entre 6 et 7,5 nœuds.
Nous rattrapons doucement, et dépassons, un autre voilier qui navigue pourtant sous grand-voile et génois!
A cette allure portante, la navigation reste très confortable, et Catherine peut séjourner longuement en bas dans le carré sans être incommodée...
A 16h le vent, qui s'était maintenu jusque là entre 15 et 25 nœuds (voire 30 nœuds en doublant les caps), mollit brusquement, et nous abordons une zone de calme qui nous amène jusqu'au mouillage de Malfatano, derrière l'Isola Terreda.


Après cette journée de navigation tonique, nous apprécions ce mouillage paisible, et profitons d'un repos appréciable, et d'un bain dans une eau chaude et limpide !
13 Juin : Une étape tranquille au moteur, pour arriver tôt au port, de manière à être sûrs d'avoir une place.
Amarrés à 13h à Portus Karalis, dans le centre de Cagliari.
Nous resterons deux nuits dans ce port agréable, pour nous reposer, et aussi pour visiter la vieille ville (le "Castello"), et le jardin botanique de l'Université, ses plantes tropicales, et ses spectaculaires citernes romaines.

Vues de Sardaigne, côte sud
Vidéos (passer en plein écran, retour par "échap")
Vidéo-Discours à Cagliari
Vidéo-Ederlezi dans
une citerne romaine
Vidéo-Départ de Cagliari
Vidéo-Quart de nuit
vers la Sicile
Vidéo-Dauphins en
mer Tyrrhénienne
16 Juin : Nous sommes allés mouiller hier soir à Baïa Carbonara, à la pointe sud-est de la Sardaigne, et nous voici partis depuis ce matin à 7h00, pour la traversée vers la Sicile.
Tout petit vent et moteur.
Trop de vent pour les Egades
En fin d'après-midi, la mer étant toujours aussi calme, nous pouvons admirer des dauphins qui viennent jouer avec notre étrave, puis apercevoir une troupe de tortues, de tailles moyennes.
Arrive la nuit, éclairée par une magnifique pleine lune.
17 Juin : 4h00 : Le vent se lève enfin, du nord, force 3 à 4 . Nous progressons sous voile à bonne allure.
10h00 : Toujours sous voiles, nous sommes au travers des Iles Egades, où j'avais prévu de faire étape.
Mais le mouillage auquel je pensais doit être complètement ouvert à la houle de nord, et je préfère continuer ma route jusqu'à Trapani, à la pointe ouest de la Sicile.
12h00 : Nous mouillons dans l'avant-port de Trapani, balayé par la brise. Repos et petite visite de la ville.
18 Juin : Petite étape jusqu'à San Vito Lo Capo.
Accueil sympathique par le marinero, et petit port charmant, surplombé par le Monte Monaco.
19 Juin : Petite expédition ce matin au Monte Monaco : approche en vélo, puis magnifique ascension sur 500 m de dénivelé.

Nous appareillons ensuite pour Castellamare del Golfo, où nous mouillons à 15h30.
Chapelle palatine
20 Juin : Étape jusqu'à Palerme. Nous y resterons deux jours, ce qui n'est pas de trop pour visiter cette ville magnifique: vieux quartiers où l'on peut admirer d'antiques palais à tous les coins des petites rues, parcs.
Les nombreux monuments mêlent les influences arabes, franques, byzantines. Et nous restons sans voix en explorant la renversante chapelle palatine du Palais Normand !
22 Juin : Navigation jusqu'à Cefalu.
La ville se trouve d'un côté de la tête rocheuse qui lui donne son nom, et le port de l'autre côté.
Dans l'arrière port, très propre, une plage où se mêlent les eaux chaudes et salées de la mer, et l'eau douce glaciale d'une source !

Vues de Sicile, côte nord


Du 23 au 26 Juin : Nous naviguons d'ile en ile, et faisons chaque soir une étape différente : Filicudi, Salina, Vulcano, Stromboli.
L'archipel porte mal son nom à cette période, puisque nous n'aurons de vent appréciable que le premier jour, lors de la traversée vers Filicudi.
L'avantage de ce temps très calme sera de pouvoir envisager de mouiller à Stromboli, malgré l'absence d'abri.
De volcan en volcan
Mouillage sur bouée à Filicudi, sauvage et austère
.
Amarrage au port de Salina, ile riante et cultivée. En scooter, visite amusante sous nos casques vintage...
Mouillage sur bouée à Vulcano.
Grosse journée le 26, consacrée aux deux volcans actifs :

Le guide pour l'ascension du Stromboli nous avait prévenu, un peu inquiet, du regain d'activité du volcan.
Effectivement, seulement une semaine après notre visite, une éruption majeure aura lieu (évacuation de l'ile, un mort malheureusement)!
Vues des Iles Eoliennes
Vidéos (passer en plein écran, retour par "échap")
Vidéo-Eruption 1
Vidéo-Eruption 2
Vidéo-Eruption 3