Destination Baléares

Dans les derniers jours d'août, nous sommes de retour au chantier pour préparer la mise à l'eau. Turca et Loïc viennent nous épauler, et ce sont les opérations habituelles: installation des voiles et de l'accastillage, gonflage de l'annexe, carénage (sur ce dernier point, mention spéciale à Loïc et Turca qui ont beaucoup donné (voir ici) de leur personne)...

Le samedi 30 à 10h, le bateau est à l'eau, et nous partons avec Turca pour une courte navigation jusqu'au mouillage de la Badine, sur la presqu'île de Giens, qui sera notre point de regroupement pour aujourd'hui : Loïc nous y rejoint peu après, suivi par Catherine et Evelyne, qui vient de descendre du train.

Petit repas tous ensemble à bord, pour fêter le départ de cette grande navigation d'automne.

 

Promesses et aléas de la météo

 

Il s'agit dans un premier temps de sortir au plus tôt de la Méditerrannée, avant l'arrivée des perturbations d'automne; aussi, nous entamerons dès le lendemain, le 31, la première traversée, vers Port-Mahon à Minorque, en équipage réduit (mais valeureux): Evelyne et moi-même !

La situation météo sera un peu complexe : d'abord vent d'ouest dimanche matin, puis après un intermède calme, vent de sud l'après-midi, la nuit, et jusqu'au lendemain lundi matin, puis nouvel intermède calme, et enfin vent de nord le lundi après-midi.

Ceci nous promet beaucoup de voile, mais au près sur une grande partie du trajet, ce qui est toujours inconfortable...

 

31 août : 02h00. Nous quittons le mouillage, après une courte nuit blanche, pas réparatrice du tout, à cause de la musique venant du bar de la plage...

 

Du confort des voyages à la voile

 

A 02h45, dès que nous doublons la pointe ouest de Porquerolles, nous déroulons le génois, et nous partons plein sud, dans un vent d'ouest force 4 à 5. Bonne vitesse, mais houle malheureusement de travers, comme il se doit, et le roulis ne plait pas beaucoup à Evelyne, pas amarinée du tout... 

Vers 10h, le vent tombe comme prévu, et nous poursuivons au moteur, jusqu'à 16h, et l'arrivée du flux de sud.

Nous partons donc au près, cap au 215, dans un vent de force 4 à 5. 

Mauvaise surprise à la tombée de la nuit, quand j'entreprends de réduire la grand-voile : le noeud de chaise de la bosse de ris s'était défait, et le cordage a disparu dans la bôme avant que je m'en rende compte. Je le sécurise à la sortie, et étarque le point d'écoute avec un cordage provisoire, tant bien de mal...

Nous poursuivons notre route en alternant les quarts, le sommeil étant difficile à trouver en bas, vu les conditions de navigation (tangage parfois brutal, et gite constante).

Le vent tombe en milieu de matinée du lundi. Moteur. Pique-nique léger (très léger pour Evelyne...).  J'ai affalé la grand-voile en prévision de la suite, et effectivement, vers 15h, un énergique vent du nord nous arrive, force 5 à 6. Dans ces conditions, la navigation sous génois seul est la plus confortable, et nous poursuivons ainsi jusqu'aux approches de Port-Mahon.

Mouillage à 17h50, à Cala Teulera. L'endroit est parfaitement abrité, mais bien encombré!

Récupération et réparations

 

02 septembre: après une bonne nuit de récupération, et un petit déjeuner réconfortant, nous démarrons une matinée laborieuse, pour réparer nos petites avaries. La priorité est de récupérer la bosse de ris enfuie dans la bôme, ce que nous parvenons à faire, après pas mal de réflexion, et quelques gestes minutieux . Il me faut faire aussi un peu de couture sur la capote, dont j'ai abimé un coin en posant le pied dessus. 

Quand nous pensons en avoir fini, le vent tourne brusquement, et nous amène au contact du catamaran voisin!

Il nous faut nous déplacer en urgence, et pendant ce mouvement, je vais tutoyer de trop près le haut-fond dont je connaissais pourtant l'existence. Nous talonnons ! sans dommage heureusement, la dérive se repliant comme il se doit, et le safran également (au prix pour ce dernier de la rupture du petit disque-fusible de sécurité).

Une fois sur notre nouvelle position de mouillage, c'est reparti donc pour une nouvelle séquence de travaux !Tout d'abord, je remplace le fameux fusible dans le circuit hydraulique de relevage du safran. Pas de problème, tout rentre dans l'ordre de ce côté là.

 

Voie d'eau originale

 

Mais je me rends compte en inspectant la soute à voiles à l'avant qu'elle est remplie d'environ 20 cm d'eau !

La trappe avait été mal fermée (et je n'avais pas vérifié), et les vagues projetée à l'étrave lors de la navigation au près ont fait le reste... Ils nous faut extraire les 2 voiles (trinquette et spi) gorgées d'eau (winch électrique et drisse de spi), et il me reste à écoper les 200 litres d'eau au seau. Les 2 voiles resteront 3 jours sur le pont pour séchage...

Après ces heures laborieuses, nous pouvons enfin partir en annexe jusqu'à Port-Mahon, à presque 2 milles du mouillage, pour une visite agréable.

Traversée de Hyères

à Minorque

03, 04, et 05 septembre: traversée rapide de l'archipel des Baléares, d'île en île.

 

Belles navigations, bons vents, beaux mouillages

 

J'ai réservé pour les 2 premières étapes des bouées, à Porto Colom (beau port naturel, très fermé et abrité, sur Majorque), puis à Cabrera (parc naturel formé de plusieurs petites îles, au sud de Majorque).

 

Belle visite de la petite ville à Porto Colom.

Quant à Cabrera, l'endroit garde le caractère magique que j'avais découvert en 2018, avec Catherine.

 

La troisième étape est assez longue, plus de 70 milles, ce qui représentera plus de 13 heures de navigation. Ce sera heureusement à la voile, par bon vent portant, et donc dans de bonnes conditions de confort. 

Nous mouillons à la nuit tombante à l'abri d'un cordon de sable, qui prolonge l'île de Formentera par le nord.

Vers Carthagène, Gibraltar, et au-delà

06 septembre : 10h20 : nous quittons le mouillage pour une traversée qui nous permettra de rejoindre le continent, au port de Carthagène, ce qui représente environ 140 milles.

 

San Fransisco, marathon de danse, et une ligne

 

Nous bénificierons encore sur la première partie du trajet du flux d'est qui nous pousse depuis Minorque. Dans la nuit, le vent tombe, et nous passons au moteur pour terminer le trajet. 

Amarrage le 07 septembre à 12h45 à Yacht Port Carthagena.

09 septembre : après 2 jours de repos mis à profit pour visiter la ville, et sa superbe Plaza San Francisco, nous partons pour Garrucha, que nous atteignons à 17h.

C'est essentiellement un port de commerce et de pêche, avec quelques pontons pour la plaisance, peu occupés. Il faut dire qu'ils sont particulièrement exposés au sud, ce qui est notre cas en ce moment, et Tahenkat danse copieusement sur ses amarres... 

Malgrè ces conditions rock'n'roll, nous attendrons 2 jours la fin du coup de vent d'ouest en cours.

11 septembre : nous nous avançons jusqu'au mouillage sauvage de Los Genoveses, juste au nord di Cabo de Gata.

12 septembre : départ pour La Linea, port espagnol limitrophe de Gibraltar. Les 160 milles de l'étape seront malheureusement surtout couverts au moteur, vu les vents quasi nuls annoncés. Amarrage le 13 septembre à 15 h à notre poste de la Marina Alcadeisa, à La Linea. La frontière avec le Royaume Uni se trouve seulement à 500 m!

Carthagène

Port militaire et de commerce, la ville a été fondée par les Carthaginois, autour d'une rade bien protégée, et facile à défendre. On peut voir encore les restes des murailles puniques. La ville a été ensuite occupée par les Romains, dont les édifices ont été ensevelis sous les constructions ultérieures, et redécouverts récemment. 

Garrucha,

 Cabo de Gata,

Gibraltar

Des vents et des courants

 

15 septembre : les conditions sont bonnes pour passer le détroit, balayé par un fort flux d'est, et la puissance à la voile sera suffisante pour affronter le courant, qui pourra être contraire, car le courant de marée ne suffira probablement pas pour contrer le courant général, qui porte fortement à l'est, du fait de l'évaporation continue en Méditerranée.

Nous quittons donc La Linea en milieu de journée, après un ravitaillement en carburant.

Sortis de la baie d'Algésiras, nous déroulons le génois, dans le vent d'est force 4 à 5. Le courant est effectivement contraire, puisque nous ne dépassons pas 4 noeuds de vitesse-fond. 

Mais une fois doublé Tarifa, le courant disparait, et la vitesse monte à 6,5 noeuds, puis 7 noeuds, quand nous obliquons vers le nord, jusqu'au Cap Trafalgar.

A la tombée de la nuit, le vent tombe, puis devient variable.

Le lendemain en début d'après-midi, nous mouillons à proximité de Cabo de Santa Maria, sur la côte portugaise.

Là se trouvent des bancs de sable, de nombeux bras de mer séparant des îles, et donc un abri sûr.

D'un coup d'annexe, nous débarquons au petit village de Ilha de Farol, sur l'île de Culatra. Parcours agréable des rues de sable, et achat de bars pêchés à la ligne dans les courants de la passe d'entrée.

16 septembre : arrivée à la marina de Lagos, vers 16h30. 

 

Cabo de Santa Maria

Lagos

Vidéos (passer en plein écran, retour par "échap")   

Vidéo-Huppe à bord

Vidéo-Dauphins de Gibraltar

Vidéo-En doublant Tarifa